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Utilisation de l’espace agricole

Dernière mise à jour  :  29 juin 2020

La superficie agricole utilisée (SAU) correspond à la part du territoire dédiée aux activités agricoles. Elle représente plus de 40 % de la superficie wallonne, avec de faibles variations interannuelles. Le secteur de l'agriculture joue donc un rôle important dans le façonnement des paysages, la gestion des ressources naturelles et la qualité de l’environnement.

Concentration des moyens de production

Entre 1990 et 2019, le nombre d’exploitations agricoles ou horticoles a diminué en Wallonie, passant de 29 178 exploitations à 12 733 exploitations, soit une réduction de 56,4 %[1]. Sur la même période, la SAU wallonne a légèrement baissé : de 752 743 ha en 1990, elle est passée à 733 715 ha en 2019, soit une diminution de 19 028 ha ou 2,5 %[2]. Les exploitations n’ont donc cessé de s’agrandir. Entre 1990 et 2019, la superficie moyenne par exploitation a plus que doublé, passant de 25,8 ha à 57,6 ha. Parallèlement, le secteur a perdu 51,3 % de travailleurs entre 1990 et 2016[3] (46 076 pers versus 22 424 pers). Cette réduction de la main d’œuvre résulte de la diminution du nombre d’exploitations et de l’intensification de la mécanisation(b). Le nombre de travailleurs par exploitation a quant à lui légèrement augmenté sur la période : il est passé de 1,58 pers/exploitation en 1990 à 1,74 pers/exploitation en 2016[3].

Des productions végétales avec un impact environnemental variable

Les principales productions végétales peuvent être classées selon leur impact potentiel croissant sur l’environnement : les prairies permanentes, les prairies temporaires, les céréales d’hiver, les céréales de printemps, le maïs, les betteraves et les pommes de terre. Différents facteurs contribuent à moduler cet impact :

  • la couverture végétale est un facteur déterminant en termes de risque d’érosion par ruissellement[4] q. Les prairies se caractérisent ainsi par un risque de pertes en sol plus de 10 fois inférieur à celui des terres arables(d), et au niveau de celles-ci, le maïs et les pommes de terre présentent des risques plus élevés que la betterave ou le froment(c) ;
  • le reliquat de nitrate (NO3-) présent dans le sol en automne et susceptible d’être entrainé hors de la zone racinaire par les précipitations hivernales (mesuré via l’azote potentiellement lessivable ou APL(e)) influence le risque de pollution des eaux souterraines q. Les prairies et les betteraves présentent ainsi des valeurs d’APL inférieures à celles du maïs ou des pommes de terre q. À noter que le risque de pollution des eaux est également influencé par la rotation culturale[5], ainsi que par les pratiques agricoles (implantation éventuelle d’une CIPAN[6])(f) ;
  • les quantités de substances actives de produits phytopharmaceutiques (PPP) utilisées varient selon les productions végétales, les cultures sarclées telles que les betteraves et les pommes de terre se caractérisant généralement par des apports en PPP plus élevés. En 2017, les doses de substances actives de PPP appliquées en Wallonie sur les prairies permanentes s’élevaient en moyenne à 0,04 kg/ha, contre 2,7 kg/ha pour le froment d’hiver, 6,5 kg/ha pour les betteraves sucrières et 15,6 kg/ha en culture de pommes de terre q.

Les prairies permanentes et le froment d’hiver dominent

En 2019, les prairies permanentes représentaient à elles seules 42,1 % de la SAU, soit 309 180 ha. Elles étaient suivies par le froment d’hiver (17,1 % de la SAU, soit 125 608 ha). Le maïs fourrager (7,2 %), les pommes de terre de conservation (5,7 %), les betteraves sucrières (5,3 %), les prairies temporaires (5,0 %) et l’escourgeon (3,8 %) étaient également présents mais dans une moindre mesure. L'évolution sur la période 1990 - 2019 de la superficie des principales productions végétales est particulièrement notable pour (i) les prairies permanentes, dont la superficie a régressé de 55 444 ha (- 15,2 %), (ii) les betteraves sucrières, dont la superficie a baissé de 30 166 ha (- 43,7 %), (iii) les pommes de terre de conservation, dont la superficie a augmenté de 30 066 ha (+ 252,2 %). Les prairies temporaires ont quant à elles subi une évolution contrastée : les superficies enregistrées sur la période 2002 - 2014 étaient près de deux fois plus faibles que sur la période 1992 - 2000 ; en 2019, celles-ci atteignaient un niveau intermédiaire de 36 636 ha. Bien que ces évolutions indiquent une baisse des affectations les moins impactantes (prairies permanentes) et une hausse des affectations les plus impactantes (pommes de terre), il est difficile d'en déterminer une tendance nette.

Grandes cultures au nord, prairies au sud

L’importance de l’agriculture par rapport aux autres utilisations du territoire varie selon les régions agricoles q, de même que la nature des productions végétales. En 2019, la SAU couvrait quasiment deux tiers du territoire en Région limoneuse (64,1 %), alors qu’elle couvrait environ la moitié du Condroz (50,6 %) et de la Région sablo-limoneuse (48,5 %). Au sud et à l’est de la Wallonie, ces proportions étaient plus faibles (entre 36,9 % pour la Famenne et 28,8 % pour la Région herbagère). En termes de superficie, la Région limoneuse présentait la SAU la plus élevée (257 423 ha), suivie du Condroz (128 431 ha) et de l’Ardenne (103 505 ha). Le nord de la Wallonie (Région sablo-limoneuse, Région limoneuse et Condroz) se caractérisait par une prédominance des grandes cultures (céréales, betteraves, pommes de terre, maïs…), alors que le sud et l’est étaient principalement occupés par des prairies permanentes.

Des mesures pour réduire l’impact environnemental

Diverses mesures ont été prises pour réduire l’impact environnemental des activités agricoles. Ainsi, les aides octroyées aux agriculteurs dans le cadre du 1er pilier (paiements directs) et du 2ème pilier (développement rural) de la Politique agricole commune (PAC) sont conditionnées au respect d’exigences réglementaires en matière de gestion et de normes relatives aux bonnes conditions agricoles et environnementales des terres[7] (conditionnalité des aides agricoles q).
Au niveau des aides du 1er pilier, le paiement vert s’adresse aux agriculteurs respectant une série de bonnes pratiques pour l’environnement : maintien des prairies permanentes existantes, diversification des cultures et mise en place de surfaces d’intérêt écologique sur les terres arables de l’exploitation[8].
Des mesures ont également été prises pour soutenir les pratiques agricoles plus favorables à l’environnement. C’est le cas notamment des mesures surfaciques du Programme wallon de développement rural (PwDR) 2014 - 2020[9], qui met en œuvre au niveau régional la politique de développement rural de l’UE[10] : méthodes agro-environnementales et climatiques q, soutien à l’agriculture biologique q, paiements au titre de Natura 2000 et paiements en faveur des zones soumises à des contraintes naturelles.
 


[1] D’après les chiffres de Statbel (SPF Économie - DG Statistique), cette dynamique était nettement moins marquée pour la période 2011 - 2019. Cela s’explique en partie par l’amélioration du registre des entreprises agricoles de Statbel ainsi que par des changements méthodologiques survenus dans la collecte des données (utilisation croissante des bases de données administratives des Régions) et dans la définition d’entreprise agricole.

[2] À noter que la SAU n’a pas évolué de manière linéaire entre 1990 et 2019. Il est difficile d’évaluer quelle part de cette évolution peut être attribuée à la mise en œuvre de la Politique agricole commune (PAC) et de ses réformes (les agriculteurs ont été poussés à déclarer davantage de superficies utilisées dès 1993(a)), aux changements méthodologiques concernant la collecte et la gestion des données (à partir de 2011) ou à la réalité des faits.

[3] Dernière année pour laquelle des données sont disponibles

[4] L’érosion est évaluée sur base de l’équation universelle des pertes en sol (méthode USLE), qui fait intervenir cinq paramètres, dont le facteur C qui traduit le risque lié au type de culture et aux pratiques culturales(c).

[5] Choix des cultures et de leur ordre de succession sur une période donnée, classiquement 3 ans

[6] Cultures intermédiaires pièges à nitrate

[7] Pour plus d’informations, consulter la page internet dédiée à la conditionnalité sur le portail de l’agriculture wallonne q

[8] Pour plus d’informations, consulter la page internet dédiée aux paiements directs sur le portail de l’agriculture wallonne q

[9] Pour plus d’informations, consulter la page internet dédiée au PwDR 2014 - 2020 q

[10] Voir le règlement (UE) n° 1305/2013 q

Moyens de production du secteur de l’agriculture en Wallonie

Répartition de la superficie agricole utilisée en Wallonie (2019)

Superficie des principales* productions végétales en Wallonie

* Productions végétales occupant plus de 1,5 % de la superficie agricole utilisée (SAU) totale en 2019

Superficie agricole utilisée par région agricole en Wallonie (2019)

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Évaluation

Évaluation non réalisable

Pas de référentiel

Évaluation non réalisable

Bien qu'une baisse des productions végétales les moins impactantes (prairies permanentes) et une hausse des productions végétales les plus impactantes (pommes de terre) soient observées sur la période 1990 - 2019, il est difficile de déterminer une tendance univoque de l'évolution des impacts de l'utilisation de l'espace agricole sur l'environnement.