À propos

UN APERCU SYNTHÉTIQUE DE PROBLÈMES COMPLEXES À L'AIDE D'INDICATEURS

Les indicateurs traduisent le plus objectivement possible la réalité d’un phénomène sous forme graphique ou cartographique, à partir d’un ensemble de données quantitatives ou qualitatives agrégées en une information condensée. Ils facilitent la compréhension, l’évaluation et le suivi de phénomènes complexes, permettent la mise en évidence des facteurs en jeu et fournissent, le cas échéant, des éléments d’aide à la décision. Les indicateurs présentés ici ne se limitent pas à l’état des composantes environnementales. Ils portent plus largement sur un ensemble de paramètres qui l’influencent (utilisation des ressources, modes de production et de consommation p. ex.) ou en découlent (impacts sur l’environnement et la santé, mesures de gestion et actions correctrices p. ex.).

Le choix des indicateurs présentés est largement inspiré de sets d’indicateurs internationalement reconnus (AEE, EUROSTAT, OCDE, OMS…). De tels indicateurs permettent d'alimenter en données de référence les bases de données et rapports nationaux et internationaux relatifs à l’environnement, parmi lesquels ceux de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). D’autres indicateurs y sont ajoutés pour rendre compte de spécificités du contexte wallon.

La diversité des données rassemblées, leur suivi dans le temps, leur validation, leur traitement, leur analyse et leur diffusion font de ces indicateurs de précieux outils de communication sur l'état de l'environnement en Wallonie. Ils participent à l'application de la Convention d'Aarhus visant entre autres à améliorer l'accès à l'information environnementale.

STRUCTURATION DE L’INFORMATION

Pour chaque sujet traité, l'information comprend les éléments suivants :

  • contexte et/ou enjeux environnementaux ;
  • synthèse des éléments essentiels : état de la situation et tendance, facteurs explicatifs, politiques menées et perspectives ;
  • notes explicatives, références légales et bibliographiques, renvois éventuels vers d’autres indicateurs ;
  • indicateur(s) (graphique(s), tableau(x) ou carte(s)) ;
  • accès aux données sources et fiches méthodologiques.

QUALITÉ, CONTRAINTES ET LIMITES DES INDICATEURS

La qualité des interprétations basées sur les indicateurs est toujours tributaire de celle des données sources utilisées. Dans la plupart des cas, des efforts supplémentaires sont fournis chaque année par les gestionnaires de données et leurs utilisateurs en vue d’améliorer l’exhaustivité et la précision des informations fournies.

Par ailleurs, l’élaboration et le calcul des indicateurs reposent sur un volume très important de données, dont certaines ne peuvent être utilisées qu’après de nombreuses étapes (collecte, vérification, traitement, agrégation, validation…). Ceci entraîne un décalage entre les dates de référence des données (précisées dans les textes, figures, tableaux ou cartes) et la mise à jour des indicateurs. Parfois, le décalage atteint plusieurs années. C’est le cas en particulier pour les données reposant sur des enquêtes, des formulaires de taxation et/ou de déclaration, pour les données issues de modèles et d’inventaires régionaux, ou encore pour les indicateurs composites basés sur plusieurs sources de données. Cette situation ne permet pas toujours de rendre compte des évolutions les plus récentes. À noter que, parfois, le choix d’une année commune de comparaison impose le recours à des données anciennes, même lorsque des données plus récentes sont disponibles. C’est typiquement le cas lorsqu’on souhaite comparer les valeurs d’un indicateur pour la Wallonie, la Belgique et l’Union européenne alors que celles-ci ne sont pas mises à jour chaque année.

L’approche synthétique de l’information à travers un nombre restreint d’indicateurs présente des avantages indéniables mais comporte néanmoins des limites. Aucune thématique ne peut se réduire aux seuls aspects mis en avant par les indicateurs sélectionnés. De plus, l’agrégation spatiale et temporelle des données peut masquer des phénomènes particuliers comme des variations saisonnières ou locales par exemple. Il serait dès lors inapproprié d’en tirer d’autres conclusions qu’une tendance globale à l’échelle régionale.

ÉVALUATION DE L’ÉTAT ET DE LA TENDANCE

L'état et de la tendance observés au moyen des indicateurs sont évalués sous l'angle des implications environnementales à l’aide des catégories présentées dans le tableau ci-après.

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L’évaluation de l’état est fondée sur la comparaison de la situation actuelle à un niveau de référence qui peut être, selon l'indicateur envisagé :

• une valeur à ne pas dépasser (plafond, valeur limite…), définie dans la législation wallonne ou européenne ;

• une valeur à atteindre dans un temps déterminé (valeur cible, objectif…), définie dans la législation wallonne ou européenne, ou formulée dans des documents d’orientation (Plans, Programmes, Déclaration de politique régionale…) ;

• une valeur guide établie par un organisme de référence (OMS…) ;

• une valeur citée dans la littérature scientifique, dûment documentée.

Le plus souvent, c’est la proportion des valeurs de l'indicateur (proportion du territoire ou de l’ensemble des sites de contrôle p. ex.) concernée par un écart entre la situation actuelle et le niveau de référence considéré qui détermine la catégorie d’évaluation à attribuer. Si cette proportion est proche de zéro, l’état est jugé favorable. Lorsqu’elle est inférieure à 25 %, l’état est jugé légèrement défavorable. Au-delà de 25 %, l’état est jugé défavorable.

Pour certaines thématiques, l’état est évalué en faisant référence à une dynamique à atteindre. C’est typiquement le cas pour l’évaluation de l’éco-efficience des secteurs, dont la situation est jugée d’autant plus favorable que l’on observe un découplage entre l’activité économique et les pressions exercées sur l’environnement : situation défavorable en l’absence de découplage, favorable en cas de découplage généralisé et non évaluable en cas de découplage pour une partie des indicateurs de pressions seulement.

Lorsque l’état actuel est lié à des facteurs conjoncturels plutôt qu’à des mesures prises pour améliorer la qualité de l’environnement, le respect du niveau de référence est nuancé dans le commentaire justificatif. C’est le cas par exemple lorsque les baisses d’émissions atmosphériques sont liées à la baisse de l’activité économique.

L’évaluation de la tendance est fondée quant à elle sur une comparaison de la situation actuelle à celle qui prévalait les années précédentes, le nombre d’années pris en compte étant fonction de la variabilité temporelle des données concernées. Le plus souvent, il s’agit d’une période d’au moins 10 ans.

Parfois, l’évaluation de l’état ou de la tendance n’est pas réalisable en raison de l’absence de niveau de référence, d’un manque d’informations, d’une modification méthodologique, de ruptures dans les séries temporelles ou parce que plusieurs facteurs évoluent en sens contraires sans que l’on puisse se prononcer sans équivoque sur les implications environnementales. Dans certains cas, elle n’est pas pertinente dans la mesure où les indicateurs actuellement disponibles ne sont pas directement interprétables en termes d’état de l’environnement, de son amélioration ou de sa détérioration. Les indicateurs relatifs aux contrôles du respect de la législation environnementale relèvent par exemple de ce cas de figure : le nombre d’actes administratifs posés ne reflète qu’indirectement les réelles infractions à la législation environnementale.

Enfin, certains sujets sont traités à l'aide de données dont le caractère innovant ou la portée limitée dans le temps (études ponctuelles) ou l’espace (échelle sub-régionale) ne permettent pas d’effectuer d'évaluation.

UNE LECTURE TRANSVERSALE À PRIVILÉGIER

Une analyse approfondie de la situation environnementale de la Wallonie nécessite une lecture transversale de l’ensemble des aspects relatifs à une même problématique. Une telle lecture est favorisée par les renvois entre sujets. Cette lecture croisée permet d’intégrer dans l’analyse certains éléments de réponses mis en place pour limiter les impacts environnementaux de situations jugées défavorables du point de vue environnemental. Elle se justifie d’autant plus quand les indicateurs se rapportent à des situations figées, très peu susceptibles d’évoluer en raison de caractéristiques propres à la Wallonie (climat, nature des sols, relief…) et de facteurs structurels ou sociétaux irréversibles (passé industriel lourd, densité de population croissante, fragmentation élevée du territoire, zone de transit très fréquentée au cœur de l’Europe…).

Ainsi, par exemple, si l’on souhaite analyser les impacts environnementaux des activités agricoles, il faut mettre en perspective certains dommages liés à l’intensification du secteur agricole (p. ex. teneurs en nitrate dans les eaux souterraines, pesticides dans les eaux souterraines) avec d’autres aspects qui indiquent une évolution favorable (développement de l’agriculture biologique, réduction des intrants…) ou font état de mesures prises (participation croissante à des programmes agro-environnementaux, gestion des effluents et respect du taux de liaison au sol, conditionnalité des aides agricoles…). Dans un autre domaine, une analyse sommaire de l’état et de l’évolution des ressources en eau pourrait amener à conclure à une situation favorable si on se limitait aux aspects quantitatifs (prélèvements en eau qui n’induisent pas de stress hydrique) alors que le constat est plus mitigé si l’on intègre dans l’analyse les aspects qualitatifs (proportion importante de masses d’eau en mauvais état, difficulté de restaurer la qualité écologique des cours d’eau, passif en matière de gestion des sédiments…).

LES RAPPORTS SUR L'ÉTAT DE L'ENVIRONNEMENT WALLON

REEW2017.JPGLe Rapport sur l'état de l'environnement wallon 2017 (REEW 2017) dernier en date, reprend la plupart des indicateurs présentés sur ce site ainsi que des éléments d'analyse de la situation et des performances environnementales de la Wallonie au 31/12/2016.

Le REEW 2017 s'inscrit dans la série des rapports sur l'état de l'environnement parus depuis 1982. La publication périodique de tels rapports est une obligation légale depuis 1987. La législation prévoit qu'ils contiennent notamment "un constat critique, évolutif et prospectif sur les différentes composantes du milieu et sur les pressions exercées par les activités humaines ainsi qu'une analyse de la gestion menée" (Code de l'environnement, Livre 1er, Art. D.33). Avec le site sur l'État de l'environnement wallon, ces rapports contribuent à l'application de la Convention d'Aarhus.

Les rapports sur l'état de l'environnement wallon jouent un rôle important dans le processus d'amélioration continue de l'état de l'environnement. En effet, selon une procédure établie par la législation (Code de l'environnement, Livre 1er, Art. D.32 à D.36), les rapports sur l’état de l’environnement wallon constituent un support de consultations et de discussions impliquant le Conseil économique et social de Wallonie (CESW) et le pôle “Environnement”, organe consultatif remplaçant depuis 2017 le Conseil wallon de l’environnement pour le développement durable (CWEDD). Ces échanges donnent lieu à la rédaction par le pôle “Environnement” d’une note de synthèse et d’une note de prospective qui peuvent notamment inclure des suggestions en matière de prévention et de lutte contre la dégradation de l’environnement. Ces documents sont transmis au Parlement wallon qui se prononce par voie de résolution sur les éventuelles orientations à prendre. L’ensemble de ce processus fait des indicateurs présentés des outils d’aide à l’évaluation et au contrôle de l’ensemble des politiques environnementales, pouvant également contribuer à mettre en évidence la nécessité de revoir ou d’initier de nouvelles mesures.