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Utilisation de produits phytopharmaceutiques

Dernière mise à jour  :  29 juin 2020

Les produits phytopharmaceutiques (PPP) sont utilisés essentiellement pour protéger les végétaux contre les organismes nuisibles, pour réguler leur croissance et pour lutter contre les végétaux indésirables. L’exposition à ces substances et à leurs résidus peut présenter des risques pour la santé et l’environnement. La directive 2009/128/CE q impose des plans d’action nationaux en vue de réduire ces risques et d’encourager notamment l’introduction   de méthodes de substitution.

Des usages majoritairement professionnels

En 2017, la quantité totale de substances actives (s.a.) de PPP vendues en Belgique[1] s’élevait à 6 398 t. Les parts liées aux utilisateurs professionnels[2] et non professionnels[3] représentaient respectivement 95,8 % (6 129 t) et 4,2 % (269 t). D’après les données d’Eurostat, en 2016, avec 5,1 kg de s.a. de PPP vendues par hectare de superficie agricole utilisée (SAU), la Belgique se situait dans le trio de tête des pays européens avec les ventes par hectare de SAU les plus élevées (Pays-Bas : 6,0 kg de s.a./ha, Chypre : 5,9 kg de s.a./ha)[4].

Les quantités totales de s.a. vendues ont diminué de 1995 à 2010, passant de 10 872 t à 5 472 t, augmenté légèrement entre 2010 et 2011 (6 663 t), pour globalement se stabiliser jusqu’en 2017. La part des quantités vendues aux utilisateurs non professionnels s’est fortement réduite au cours du temps : de 29 % en 1995 et en 2005, elle est descendue entre 2,5 % et 4,2 % pour la période 2010 - 2017. Ceci est principalement dû au retrait du marché du chlorate de soude[5] et à la diminution des ventes de sulfate de fer[6].

Ventes de produits phytopharmaceutiques en Belgique, par type d’utilisateurs

Fongicides et herbicides en tête chez les utilisateurs professionnels

À l’échelle du territoire belge, le groupe des fongicides et des bactéricides correspondait en 2017 aux ventes de s.a. les plus élevées chez les utilisateurs professionnels (39,9 %, soit 2 446 t)[7]. Le mancozèbe, destiné principalement à lutter contre le mildiou dans la culture de pommes de terre, était le fongicide le plus vendu (806 t), suivi par le captane, un fongicide couramment utilisé en cultures fruitières pour lutter contre la tavelure (208 t) et le propamocarbe, un fongicide fréquemment utilisé en culture de pommes de terre (193 t). Le groupe des herbicides, défanants et agents antimousse représentait quant à lui 33,8 % des ventes attribuables aux utilisateurs professionnels (soit 2 072 t), les herbicides les plus vendu étant le glyphosate (554 t) et le prosulfocarbe (193 t).

En 2017, chez les utilisateurs non professionnels, les ventes de s.a. les plus élevées concernaient le groupe des herbicides, défanants et agents antimousse (80,8 %, soit 217 t dont 110 t de sulfate de fer et 65 t de glyphosate[8]).

Ventes de produits phytopharmaceutiques en Belgique aux utilisateurs professionnels, par grand groupe de substances actives

Les pommes de terre nécessitent plus de PPP que les autres cultures

En Wallonie[9], parmi les principales grandes cultures, les pommes de terre de conservation présentaient la dose d’utilisation par hectare la plus élevée en 2017 (15,6 kg/ha), suivies des betteraves sucrières (6,5 kg/ha) et du froment d'hiver (2,7 kg/ha). Entre 2004 et 2017, à l’exception des pommes de terre, les doses utilisées par hectare présentaient une tendance relativement stable. Le pic observé en 2007 dans les cultures de pommes de terre peut être relié aux conditions climatiques favorables au développement du mildiou.

Utilisation de produits phytopharmaceutiques par le secteur agricole en Wallonie*

* Extrapolation à l'échelle de la Wallonie à partir des données du réseau d'information comptable agricole

Ces données doivent être analysées en regard des superficies dévolues à ces cultures en Wallonie. En 2017, les pommes de terre de conservation occupaient 39 561 ha, soit une superficie équivalente à celle des betteraves sucrières (41 921 ha) mais approximativement trois fois plus faible que celle du froment d’hiver (120 852 ha). Il faut noter que les prairies permanentes, qui présentaient une dose d’utilisation de 0,04 kg de s.a./ha, se démarquaient de toutes les autres cultures par l’importance des superficies qu’elles occupaient (302 713 ha[10]).

Relation entre la quantité totale de substances actives de produits phytopharmaceutiques appliquées sur les principales cultures* et leur superficie en Wallonie (2017)

 

* Extrapolation à l'échelle de la Wallonie à partir des données du réseau d'information comptable agricole

Des mesures pour tenter de réduire l'utilisation des PPP

Diverses mesures visant à réduire l’utilisation des PPP ont été prises via le Programme wallon de réduction des pesticides (PWRP) 2013 - 2017[11]. Le PWRP 2018 - 2022[12] maintient la plupart de ces mesures et en prévoit de nouvelles : le "zéro phyto" pour les gestionnaires d’espaces publics, en vigueur depuis le 01/06/2019, l’application obligatoire des principes de la lutte intégrée, le développement des systèmes d’avertissement[13] pour les agriculteurs, le renforcement du réseau de conseillers non liés au secteur commercial afin de garantir une neutralité dans les conseils prodigués en matière de PPP, la réalisation d’études par filière pour identifier les modifications des pratiques agronomiques qui permettraient de diminuer l’emploi des PPP, la mise en place d’incitants visant à développer des méthodes alternatives aux PPP pour les particuliers... Les données actuellement disponibles ne permettent pas d’évaluer l’efficacité de ces mesures.

 


 

[1] En 2017, il n'existait pas de données de vente wallonnes. Depuis 2019, une recherche visant à estimer les quantittés de s.a. de PPP utilisées en Wallonie sur base des données de vente belges est en cours. les résultats sont attendus pour 2021.

[2] Agriculteurs, entrepreneurs de parcs et jardins, gestionnaires du réseau ferroviaire, gestionnaires des espaces publics...

[3] Particuliers. Voir la fiche d’indicateurs relative à l’utilisation des PPP par les ménages q

[4] Rapport entre les quantités totales de s.a. de PPP vendues (utilisateurs professionnels et non professionnels confondus) et la SAU

[5] Le chlorate de soude a été retiré du marché belge en 2009 suite à sa non-inclusion dans l’Annexe I de la directive 91/414/CEE. q

[6] La diminution des ventes de sulfate de fer s’explique par une utilisation croissante d’antimousses à base d’EDTA (éthylènediaminetétraacétate) disodique et de sulfate de fer en remplacement de produits composés uniquement de sulfate de fer, la dose efficace d’un produit avec EDTA disodique étant nettement plus faible que celle d’un produit n’en contenant pas.

[7] En 2017, les quantités vendues de bactéricides étaient nulles. Il s’agissait exclusivement de fongicides.

[8] L’utilisation de tout PPP à base de glyphosate ou contenant du glyphosate par des utilisateurs non professionnels a été interdite en Wallonie à partir du 01/06/2017 et jusqu’au 30/11/2018 (AGW du 30/03/2017 q). L’AR du 16/09/2018 q interdit quant à lui la vente et l’utilisation par des utilisateurs non professionnels d’herbicides totaux (glyphosate p. ex.) ou sélectifs, à l’exception des PPP à faible risque et des PPP contenant comme s.a. des micro-organismes, des extraits de plantes et des substances naturelles (pour plus d’informations, voir le site internet de Phytoweb q). L'interdiction de vente et d'utilisation du glyphosate en vertu de cet AR est d'application depuis le 06/10/2018.

[9] Extrapolation à l’échelle de la Wallonie à partir des données du réseau d’information comptable agricole

[10] Cette superficie comprend les prairies permanentes en agriculture conventionnelle et en agriculture biologique. Pour plus d’informations sur la méthodologie, consulter UCL - ELI - ELIM, 2020(a)

[11] Voir le site internet consacré au PWRP q, le PWRP 2013 - 2017 q et l’évaluation finale du PWRP 2013 - 2017(b)

[12] Voir le PWRP 2018 - 2022 q et la fiche d’indicateurs qui lui est consacrée q

[13] Pour une culture donnée et un organisme nuisible donné, avis diffusé aux agriculteurs concernant l’opportunité de réaliser ou non un traitement phytosanitaire

 

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Évaluation

Évaluation non réalisable

Pas de référentiel.

Le Programme wallon de réduction des pesticides (PWRP) 2018 - 2022 ne contient pas d’objectifs chiffrés concernant les quantités de substances actives (s.a.) de produits phytopharmaceutiques (PPP) vendues et/ou utilisées.

Globalement stable

Les quantités totales de s.a. de PPP vendues en Belgique ont diminué entre 1995 et 2010, passant de 10 872 t à 5 472 t, avant d’augmenter entre 2010 et 2011 (6 663 t), pour globalement se stabiliser jusqu’en 2017 (6 398 t).

Les quantités de s.a. utilisées par ha par le secteur agricole en Wallonie sont quant à elles restées stables sur la période 2004 - 2017, avec toutefois des variations interannuelles pour les pommes de terre. Ces données, bien que partielles, ne montrent pas d'amélioration sur la période.

Il est à noter qu’une diminution des quantités de s.a. de PPP vendues et/ou utilisées ne signifierait pas pour autant une diminution des risques liés à l’utilisation des PPP, le risque étant fonction de nombreux facteurs dont la toxicité des s.a.