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Principales utilisations du territoire

Dernière mise à jour  :  16 décembre 2019

L’utilisation du territoire correspond à la fonction ou à l’usage d’un type d’occupation du sol. À titre d'exemple, une occupation du sol de type "végétation herbacée" peut correspondre à une utilisation en tant que "jardin résidentiel" ou en tant que "prairie". La manière avec laquelle le territoire est utilisé influence la qualité de l’ensemble des composantes environnementales (air, eau, sols, faune, flore, habitats). Les pressions et impacts potentiels, faibles pour les terrains à usage sylvicole, peuvent être élevés pour les terrains agricoles exploités de façon intensive ou les terrains artificialisés.

Les usages agricoles et sylvicoles dominent en wallonie

Au 01/01/2019, la superficie de la Wallonie s’élevait à 16 901 km2[1]. D'après les données cadastrales[2], 51,7 % du territoire était utilisé à des fins agricoles (8 743 km2)[3] et 29,3 % à des fins sylvicoles (4 950 km2)[4]. Les milieux semi-naturels, les zones humides et les surfaces en eau, qui constituent les autres terrains non artificialisés, représentaient 3,1 % du territoire (527 km2). Le solde était constitué par des terrains faisant l’objet d’une artificialisation plus ou moins importante : d’une part, les terrains artificialisés[5], qui représentaient 10,6 % du territoire (1 799 km2) et, d’autre part, les terrains de nature inconnue et/ou non cadastrés dont la plupart sont artificialisés[6], qui couvraient 5,2 % du territoire (882 km2). La superficie artificialisée en Wallonie représentait donc en 2019 entre 10,6 % et 15,9 % du territoire wallon.

La répartition des différentes utilisations du territoire n’était pas homogène. Les terrains artificialisés se localisaient principalement le long du sillon Haine-Sambre-Meuse, notamment au niveau des quatre plus grandes régions urbaines wallonnes (Mons, Charleroi, Namur et Liège), et au nord de celui-ci. Les terrains agricoles se trouvaient de part et d’autre du sillon (essentiellement des cultures au nord et des pâtures au sud q, alors que les terrains boisés se rencontraient principalement au sud de celui-ci q.

Progression de l’artificialisation au détriment des terrains agricoles

Entre 1985 et 2019, les terrains artificialisés (hors terrains de nature inconnue et/ou non cadastrés) ont progressé de 539 km2 (soit + 42,7 % en 34 ans), ce qui correspond à une croissance moyenne de 15,8 km2/an, soit 4,3 ha/jour. L’artificialisation a été maximale au cours de la période 1990 - 1995 (en moyenne, 20,5 km2/an) et suit depuis lors une tendance globalement décroissante : en moyenne, 19,0 km2/an entre 1995 et 2000, et 16,1 km2/an entre 2005 et 2010. Pour la période 2015 - 2019, l’artificialisation s’élevait en moyenne à 10,7 km2/an, soit 2,9 ha/jour.

L'artificialisation du territoire s’est principalement faite au détriment des terrains agricoles, qui ont enregistré une perte de 586 km2 entre 1985 et 2019 (soit - 6,3 % en 34 ans), c’est-à-dire une perte moyenne de 17,2 km2/an, soit 4,7 ha/jour. La perte de terrains agricoles tend cependant à se réduire progressivement : alors qu'elle était maximale entre 1985 et 1990 (en moyenne de 24,4 km2/an), elle est passée en moyenne à 20,5 km2/an entre 1995 et 2000 puis à 14,0 km2/an entre 2005 et 2010. Pour la période 2015 - 2019, elle s'élevait en moyenne à 9,8 km2/an, soit 2,7 ha/jour.

Divers facteurs, tels que l’augmentation de la population et des ménages wallons[7], l’augmentation de la consommation d’espace liée à l’habitat q, la dispersion de l'urbanisation et le développement corollaire des services et des équipements, expliquent en grande partie la dynamique de croissance wallonne. La baisse du rythme de croissance observée depuis le début des années 2000 est quant à elle à mettre en relation notamment avec la diminution des superficies moyennes destinées aux maisons unifamiliales, la hausse des prix des terrains à bâtir et l'amplification de la création de logements en appartements q et en rénovation(c).

Vers la fin de l’artificialisation en 2050

L’artificialisation du territoire a de nombreuses conséquences environnementales, directes et indirectes : perte de ressources naturelles et agricoles, fragmentation des habitats naturels, imperméabilisation des sols, modification du cycle naturel de l’eau… Dans sa feuille de route pour une Europe efficace dans l’utilisation des ressources q, la Commission européenne s’est fixé comme objectif d’ici 2050 d’atteindre le no net land take, c’est-à-dire de "supprimer toute augmentation nette de la surface de terres occupées". La Commission a en outre invité les États membres à adopter des objectifs chiffrés contraignants de consommation en sol(d). En Flandre, cette mesure a été adoptée en 2016 à travers la vision stratégique du Plan d’aménagement pour la Flandre[8] q : dans un premier temps, réduction de la consommation en sol pour le bâti de 6 à 3 ha/jour d’ici 2025, et dans un second temps,  arrêt de la consommation en sol d’ici 2040. En Wallonie, le Code du développement territorial (CoDT) q , entré en vigueur le 01/06/2017, précise les objectifs régionaux de développement territorial et d’aménagement du territoire. La lutte contre l’étalement urbain et l’utilisation rationnelle des territoires et des ressources en font partie. Ces objectifs, de même que les principes de leur mise en œuvre, sont définis dans le Schéma de développement du territoire (SDT)[9], véritable outil de planification définissant la stratégie territoriale de la Wallonie. Le SDT, adopté par le Gouvernement wallon le 16/05/2019, remplacera le Schéma de développement de l’espace régional (SDER) q de 1999 lors de son entrée en vigueur. Il prévoit de stopper à moyen terme l’artificialisation des terres, en réduisant la consommation des terres non artificialisées à 6 km2/an (soit environ 1,6 ha/jour) d’ici 2030 (soit une baisse d'un peu moins de la moitié de la consommation observée sur la période 2015 - 2019) et en tendant vers 0 km2/an à l’horizon 2050.

 


[1] Au 01/01/2018, la superficie de la Wallonie a augmenté d’environ 57 km2 par rapport au 01/01/2017. Ces modifications concernent exclusivement des terrains non cadastrés. Elles sont la conséquence d’une amélioration du plan parcellaire cadastral (plus d’informations sur le site internet de l’Administration générale de la documentation patrimoniale du Service public fédéral Finances q) dans le cadre de l’application de la directive "INSPIRE" 2007/2/CE q.

[2] Données issues de l'Administration générale de la documentation patrimoniale du Service public fédéral Finances 

[3] En 2018, la superficie agricole utilisée (superficie réellement affectée aux productions agricoles pour une année donnée : terres arables, prairies permanentes et cultures permanentes) s’élevait quant à elle à 7 340 km2(a).

[4] Sur la période 2008 - 2016, la superficie forestière totale s’élevait quant à elle à 5 579 km2 q.

[5] Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu’elles soient bâties ou non et qu’elles soient revêtues ou non(b)

[6] Cette catégorie comprend principalement les voies publiques (autoroutes, routes et chemins de fer) et leurs espaces associés (talus...), les places et les cours d'eau. Les terrains de nature inconnue et/ou non cadastrés incluent donc des zones artificialisées et non artificialisées. La part de superficie artificialisée a été estimée à environ 87 % (estimation réalisée lors des travaux relatifs à l’élaboration de la version 2007 de la carte d’occupation du sol de Wallonie, COSW).

[7] Pour plus d’informations, voir les indicateurs statistiques de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) "Taux d’accroissement de la population" q  et "Nombre et taille des ménages" q

[8] Plus d’informations sur la page internet dédiée à la vision stratégique du Plan d'aménagement pour la Flandre du site "Environnement" de l’Administration flamande q

[9] Pour plus d’informations, consulter la page internet relative au SDT sur le site "Territoire" du Service public de Wallonie q

Répartition des principales catégories d'utilisation du territoire en Wallonie (2019)

 

* Au 01/01/2018, la superficie de la Wallonie a augmenté d’environ 57 km2 par rapport au 01/01/2017. Ces modifications concernent exclusivement des terrains non cadastrés. Elles sont la conséquence d’une amélioration du plan parcellaire cadastral (plus d’informations sur le site internet de l’Administration générale de la documentation patrimoniale du Service public fédéral Finances q) dans le cadre de l’application de la directive "INSPIRE" 2007/2/CE q.

** Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu’elles soient bâties ou non et qu’elles soient revêtues ou non(b)

 

Principales catégories d'utilisation du territoire en Wallonie (2019)

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* Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu'elles soient bâties ou non et qu'elles soient revêtues ou non(b)

Principales catégories d'utilisation du territoire en Wallonie

* La hausse observée en 2018 pour les terrains de nature inconnue et/ou non cadastrés est une conséquence de l'amélioration du plan parcellaire cadastral (plus d’informations sur le site internet de l’Administration générale de la documentation patrimoniale du Service public fédéral Finances q) dans le cadre de l’application de la directive  "INSPIRE" 2007/2/CE q. Les limites des entités administratives belges sont revues progressivement. Ce faisant, au 01/01/2018, la superficie de la Wallonie a augmenté d’environ 57 km2 par rapport au 01/01/2017, ces modifications concernant exclusivement des terrains non cadastrés.

** Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu’elles soient bâties ou non et qu’elles soient revêtues ou non(b)

Variation annuelle moyenne de superficie des principales catégories d’utilisation du territoire en Wallonie, par période

 

 

* La hausse observée en 2018 pour les terrains de nature inconnue et/ou non cadastrés est une conséquence de l'amélioration du plan parcellaire cadastral (plus d’informations sur le site internet de l’Administration générale de la documentation patrimoniale du Service public fédéral Finances q) dans le cadre de l’application de la directive "INSPIRE" 2007/2/CE q. Les limites des entités administratives belges sont revues progressivement. Ce faisant, au 01/01/2018, la superficie de la Wallonie a augmenté d’environ 57 km2 par rapport au 01/01/2017, ces modifications concernant exclusivement des terrains non cadastrés. Cette hausse est ici répartie artificiellement sur la période 2015 - 2019.

** Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu’elles soient bâties ou non et qu’elles soient revêtues ou non(b)

 

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Évaluation

Évaluation non réalisable

Le Schéma de développement du territoire prévoit de stopper à moyen terme l’artificialisation des terres, en réduisant la consommation des terres non artificialisées à 6 km2/an d’ici 2030 et en tendant vers 0 km2/an à l’horizon 2050.

Évaluation non réalisable

L’évolution des superficies des principales catégories d’utilisation du territoire n’est pas directement interprétable en termes d’impact sur l’environnement. Toutefois, du point de vue de l’évaluation de l’état de la ressource "sol", compte tenu du caractère quasi irréversible de l’artificialisation (plus précisément, de l’imperméabilisation qui y est liée), une tendance à la détérioration pourrait être notée.