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Consommation en sol pour le logement

Dernière mise à jour  :  16 décembre 2019

L’utilisation du sol à des fins résidentielles génère divers impacts environnementaux : consommation du sol en tant que ressource difficilement renouvelable, imperméabilisation du sol, modification du cycle naturel de l’eau, fragmentation des habitats naturels…

Les ménages consomment de plus en plus d’espace pour se loger

Entre 1990 et 2019, la superficie dédiée aux terrains résidentiels[1] (SR) en Wallonie a augmenté de 41,4 %, passant de 77 138 ha à 109 040 ha (soit 61 % des terrains artificialisés[2] q), alors que sur la même période, la population wallonne a progressé de 12,0 %. L’augmentation de la SR n’est pas uniquement liée à la croissance de la population, mais également à la croissance du nombre de ménages privés[3] (+ 23,0 % entre 1990 et 2019)[4] et à une plus grande consommation en sol par ménage. Ainsi, entre 1990 et 2019, la SR moyenne par ménage[5] a augmenté de 14,9 %, passant de 600 m2/ménage à 690 m2/ménage. Depuis le début des années 2000, cette croissance tend toutefois à diminuer, traduisant l’adoption de modes de production de l’habitat plus parcimonieux du sol (en moyenne, + 52 m2/ménage entre 1990 et 2000, + 19 m2/ménage entre 2000 et 2010, + 18 m2/ménage entre 2010 et 2019).

De fortes disparités entre communes

En 2019, la SR moyenne par ménage variait considérablement entre les communes wallonnes (de 179 m2/ménage pour la commune de Liège à 2 053 m2/ménage pour la commune de Lasne), les communes des principales agglomérations urbaines se caractérisant par une urbanisation relativement dense. Entre 2009 et 2019, certaines communes (100 sur 262) ont présenté une évolution favorable en termes de densification de l'habitat (évolution de la SR moyenne par ménage  0) q, alors qu’une grande partie du territoire, surtout au sud de la Wallonie[6], était toujours dans une dynamique de desserrement du résidentiel. À noter que de nombreuses communes présentant une faible évolution de leur SR moyenne par ménage étaient des communes soumises à une forte pression foncière[7], traduisant ainsi l’impact du prix du foncier sur le mode de production de l’habitat.

Le desserrement résidentiel : des facteurs explicatifs multiples

Cette dynamique de desserrement résidentiel peut s’expliquer suivant les cas par différents facteurs[8] : des prix fonciers attractifs, de larges disponibilités dans les zones d’habitats aux plans de secteur, particulièrement dans celles les plus à l’écart des centres urbains, une demande pour des parcelles résidentielles de grande superficie, une gestion communale peu parcimonieuse des sols. À ces facteurs s’ajoute également l’augmentation constante des logements vides(c) (vacance immobilière résidentielle)[9], qui entraîne un report de la demande en logements sur des terrains non artificialisés.

Encourager une production de logements moins consommatrice d’espace

à moyen et long termes, une croissance de la population et du nombre de ménages est attendue(e). Ces perspectives feront croître la demande en logements. Les politiques mises en œuvre en matière d’aménagement du territoire et de logement seront déterminantes par rapport aux impacts environnementaux liés à cette croissance. L’adoption d’objectifs chiffrés en matière de consommation en sol constitue ainsi une étape nécessaire pour maîtriser et évaluer la trajectoire de la Wallonie. Par ailleurs, dans une optique de consommation parcimonieuse du sol, certaines options devraient être privilégiées(b) : 

  • favoriser la reconstruction de la ville sur la ville ;
  • adopter une politique volontariste en matière de densité de logements sur les terrains vierges (à adapter selon les spécificités territoriales) ;

  • remettre sur le marché les logements inoccupés ;

  • accompagner la politique de densification de l’habitat de mesures améliorant la qualité du cadre de vie[10] de manière à capter les populations alimentant les processus de périurbanisation et d’artificialisation ;

  • mettre à disposition des logements abordables pour tout ménage dans les sous-régions à forte pression foncière afin d’éviter une artificialisation accrue des zones à moindre pression, souvent plus rurales…

Une révision des outils fiscaux, qui semblent conçus indépendamment des objectifs territoriaux, devrait également être envisagée (p. ex. une révision de la base de calcul du précompte immobilier, étant donné qu’actuellement le revenu cadastral, qui constitue la base de cet impôt, ne favorise pas la réduction de l’artificialisation ; un mécanisme d’équilibrage des plus et moins-values ; un ciblage spatial des aides à l'acquisition d'un logement…)(c).

Le Schéma de développement du territoire[11] (SDT), adopté par le Gouvernement wallon le 16/05/2019, prévoit de stopper à moyen terme l’artificialisation des terres, en réduisant la consommation des terres non artificialisées à 6 km2/an d’ici 2030 et en tendant vers 0 km2/an à l’horizon 2050. Plus spécifiquement en matière de logement, le SDT prévoit de fournir 350 000 nouveaux logements d’ici 2050, dont 175 000 qui seront construits d’ici 2030. Une part croissante de ces nouveaux logements devra être construite sur des terres déjà artificialisées en vue d’atteindre au minimum 50 % de logements construits sur des terres déjà artificialisées à partir de 2030 et 100 % à partir de 2050.

 

[1] Parcelles qui accueillent les logements, mais aussi leurs annexes bâties (garages…) et non bâties (jardins…)

[2] Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu'elles soient bâties ou non et qu'elles soient revêtues ou non(a)

[3] Sur base de la situation de droit du Registre national

[4] L’augmentation du nombre de ménages privés est liée à la croissance de la population, mais également à la réduction de la taille des ménages.

[5] Nombre moyen de mètres carrés occupés par ménage pour la fonction résidentielle

[6] L’évolution de la SR moyenne par ménage était particulièrement forte principalement au niveau des communes de l’ouest et du nord de la province de Luxembourg, du sud de la province de Namur, dans la botte du Hainaut et au sud-est de la province de Liège.

[7] Pour plus d’informations, voir l’indicateur statistique "Prix moyen du terrain à bâtir/immobilier" sur le site internet de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) q

[8] À partir de Charlier & Reginster, 2017(b)

[9] La vacance immobilière résidentielle constitue une composante de la dynamique de l’offre et de la demande du marché immobilier lorsqu’elle s’inscrit dans une visée d’entretien ou de rénovation du bâti existant. Par contre, des logements inoccupés pendant une longue période représentent une ressource sous-utilisée, avec de multiples conséquences négatives, parmi lesquelles des difficultés pour garantir l’accès à un logement décent pour tous et l’apparition de chancres urbains réduisant l’attractivité de la ville ou de la région(d).

[10] P. ex. intégrer davantage de nature (espaces verts, verdurisation, parcours naturels de l’eau…), améliorer l’accessibilité et le confort des espaces publics, assurer la sécurité des usagers, diminuer les nuisances sonores, améliorer la qualité de l’air, créer des espaces de rencontre et de séjour…

[11] Pour plus d’informations, consulter la page internet relative au SDT sur le site "Territoire" du Service public de Wallonie q

Superficie résidentielle en Wallonie

* Sur base de la situation de droit du Registre national
** Données manquantes pour les années non mentionnées

Superficie résidentielle par ménage en Wallonie

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Évaluation

Évaluation non réalisable

Pas de référentiel

En détérioration

Entre 1990 et 2019, la superficie consacrée aux terrains résidentiels a progressé de 41,4 %, alors que pendant la même période, le nombre de ménages privés a progressé de 23,0 %. La superficie résidentielle moyenne par ménage a donc progressé (+ 14,9 %) mais cette croissance tend à s’atténuer depuis le début des années 2000 (+ 8,7 % entre 1990 et 2000, + 3,0 % entre 2000 et 2010, + 2,7 % entre 2010 et 2019).