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Artificialisation du territoire

Dernière mise à jour  :  16 décembre 2019

La construction de bâtiments, d’infrastructures et d’équipements entraîne une artificialisation du territoire avec des conséquences environnementales multiples : perte de ressources naturelles et agricoles, imperméabilisation des sols, perturbation du cycle naturel de l’eau, fragmentation des habitats naturels…

L'artificialisation progresse à un rythme moins soutenu depuis 2000

D’après les données cadastrales[1], au 01/01/2019, les terrains artificialisés[2] occupaient au minimum[3] 1 799 km2 (soit au moins 10,6 % du territoire wallon), contre 1 260 km2 en 1985. En 34 ans, les terrains artificialisés ont donc progressé de 539 km2 (soit + 42,7 %), ce qui correspond à une croissance moyenne de 15,8 km2/an, soit 4,3 ha/jour q. L’artificialisation a été maximale au cours de la période 1990 - 1995 (en moyenne, 20,5 km2/an) et suit depuis lors une tendance globalement décroissante : en moyenne, 15,7 km2/an entre 2000 et 2005, 12,7 km2/an entre 2010 et 2015 et, pour la période 2015 - 2019, 10,7 km2/an. 

Au cours de la période 2009 - 2019, l’artificialisation n’était pas uniforme sur l’ensemble du territoire wallon. En valeurs relatives, les communes qui progressaient le moins (entre 0 et + 6 %) étaient principalement situées sur l’axe Mons-Charleroi-Namur-Liège ainsi que dans le centre de la province de Namur et le sud de la province de Luxembourg. En valeurs absolues, les progressions les plus importantes étaient enregistrées pour les communes de Tournai (+ 325 ha), Couvin (+ 221 ha) et Namur (+ 169 ha).

Croissance surtout liée à l’expansion du résidentiel

Entre 1985 et 2019, l’artificialisation du territoire a essentiellement résulté de l’expansion des terrains résidentiels q, dont la superficie a augmenté de 367 km2, passant de 723 km2 à 1 090 km2 (soit une augmentation de 50,8 %). L’accroissement des superficies dédiées aux terrains à usage industriel et artisanal, aux terrains occupés par des services publics et équipements communautaires et aux terrains occupés par des bâtiments agricoles a également contribué à la progression de l’artificialisation, mais dans une moindre mesure (augmentation respective de 52 km2, 43 km2 et 32 km2).

La fin de l'artificialisation en 2050

Le Schéma de développement du territoire[4] (SDT), outil de planification définissant la stratégie territoriale de la Wallonie, a été adopté par le Gouvernement wallon le 16/05/2019. Il prévoit de stopper à moyen terme l’artificialisation des terres, en réduisant la consommation des terres non artificialisées à 6 km2/an d’ici 2030 (soit une baisse d'un peu moins de la moitié de la consommation observée sur la période 2015 - 2019) et à tendre vers 0 km2/an à l’horizon 2050.

Des mesures pour accompagner la réduction du rythme d’artificialisation

Même si la vitesse à laquelle se produit l’artificialisation a nettement ralenti en Wallonie depuis le début des années 2000, il semble peu probable que le rythme d’artificialisation continue à baisser de façon linéaire pour conduire à un arrêt spontané de l’artificialisation. Des mesures stratégiques et opérationnelles accompagnant la réduction du rythme d’artificialisation semblent donc nécessaires(b) : réduction des réserves foncières, réorganisation spatiale de celles-ci entre sous-régions (plus spécifiquement du sud du sillon Sambre-et-Meuse vers le nord[5]), déplacement et concentration des réserves foncières vers les zones où l’urbanisation est nécessaire et souhaitable[6], soutien aux modes de production de logements moins consommateurs de ressources foncières, limitation des possibilités d’artificialisation en zones non destinées à l’urbanisation au plan de secteur…

 

[1] Données issues de l’Administration générale de la documentation patrimoniale du Service public fédéral Finances

[2] Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu’elles soient bâties ou non et qu’elles soient revêtues ou non(a)

[3] Les terrains de nature inconnue et/ou non cadastrés, qui représentaient 5,2 % du territoire en 2019, ne sont pas considérés ici comme des terrains artificialisés. Or ils comprennent des parties artificialisées (autoroutes, routes, chemins de fer…) couvrant environ 87 % de leur superficie (estimation réalisée lors des travaux relatifs à l’élaboration de la version 2007 de la carte d’occupation du sol de Wallonie, COSW).

[4] Pour plus d’informations, consulter la page internet relative au SDT sur le site "Territoire" du Service public de Wallonie q

[5] Les disponibilités foncières sont très contrastées entre sous-régions. Au nord du sillon Sambre-et-Meuse, une tendance à la densification q liée à une densité de population élevée et un faible taux d’offre foncière q est observée, alors qu’au sud du sillon, l’étalement se poursuit en raison notamment d’un taux d’offre foncière important, et ce, malgré une pression démographique nettement plus faible.

[6] C’est-à-dire vers les centralités urbaines et rurales pour éviter l’artificialisation diffuse du territoire et le mitage des espaces ouverts

Superficie des terrains artificialisés* en Wallonie

 

* Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu’elles soient bâties ou non et qu’elles soient revêtues ou non(a)

 

 

Évolution des terrains artificialisés* en Wallonie (2009 - 2019)

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* Surfaces retirées de leur état naturel, forestier ou agricole, qu’elles soient bâties ou non et qu’elles soient revêtues ou non(a)
** Communes de Beauraing (- 16,4 %), Cerfontaine (- 1,1 %), Mons (- 0,5 %) et Seraing (- 0,1 %). La diminution de la superficie des terrains artificialisés est due à des changements de nature cadastrale des parcelles (pour la commune de Beauraing, p. ex., il s’agit d’une diminution de la superficie des terrains occupés par des services publics et équipements communautaires en 2013 (- 73 ha) et en 2014 (- 150 ha)).

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Évaluation

Évaluation non réalisable

L’objectif du Schéma de développement du territoire de réduire la consommation des terres non artificialisées à 6 km2/an est fixé à l’horizon 2030.

En amélioration

Entre 1985 et 2019, l’artificialisation du territoire a progressé de 42,7 %, soit, en moyenne, de 15,8 km2/an. Après avoir connu un pic entre 1990 et 1995 (en moyenne, 20,5 km2/an), l’artificialisation suit depuis lors une tendance globalement décroissante. Entre 2009 et 2019, elle s'élevait en moyenne à 12,2 km2/an.