Teneurs en polluants organiques dans les cours d’eau

Dernière mise à jour  :  09 janvier 2018

Certains cours d’eau risquent de ne pas atteindre le bon état ou le bon potentiel écologique imposés par la directive-cadre sur l’eau (DCE) 2000/60/CE q, suite à des apports de matières organiques excédant le pouvoir d’auto-épuration des écosystèmes aquatiques. Les efforts importants consentis ces dernières années, principalement en termes d’épuration des eaux usées, laissent toutefois entrevoir une amélioration progressive de la situation.

La DBO5 (demande biochimique en oxygène sur 5 jours) représente la quantité d’oxygène dissous utilisée par des microorganismes pour oxyder la matière organique d’un échantillon d’eau maintenu à 20 °C pendant 5 jours. Elle permet d’estimer la quantité de matières organiques biodégradables.

Les eaux du bassin de l’Escaut sont de moins bonne qualité

En 2015, 8,8 % de l'ensemble des sites de contrôle situés dans le bassin de l’Escaut enregistraient des valeurs de DBO5 supérieures à 10 mg O2/l, contre 0,9 % dans les autres bassins. Cette différence s’explique principalement par la présence au nord du sillon  Sambre-et-Meuse de nombreuses zones artificialisées, impliquant  un nombre plus important de rejets d’eaux usées. Le nord de la  Wallonie correspond aussi à une zone d’élevage intensif et à une zone de grandes cultures, où les risques d’érosion sont élevés q. Plusieurs industries agro-alimentaires sont également présentes dans les vallées de l’Escaut, de la Haine, de la Dendre et de la Senne. En outre, la plupart des cours d’eau du bassin de l’Escaut présentent un débit  assez faible q, ce qui renforce les impacts négatifs des rejets domestiques et industriels sur la qualité de l’eau.

Une amélioration “en dents de scie”

L’augmentation du taux d’équipement de la Wallonie en stations d’épuration collectives[1] et la réduction des charges polluantes industrielles déversées au cours des vingt dernières années q ont permis de réduire la pollution organique des cours d’eau. Cette amélioration illustrée par la baisse de la DBO5 est particulièrement visible dans le bassin de l’Escaut. En conséquence, les cours d’eau wallons sont de mieux en mieux oxygénés : dans les bassins de la Meuse, du Rhin et de la Seine, la proportion de sites où le taux de saturation minimal en oxygène est supérieur à 90 % a été multiplié par 6,5 entre 1996 et 2015.

En jouant sur la concentration ou la dilution de la pollution organique, la variation des débits influence l’évolution de la qualité des cours d’eau. La hausse des débits médians observée en 2012 et 2013 q pourrait expliquer en partie les améliorations observées ces deux années. Une tendance similaire, mesurée par une baisse de la demande chimique en oxygène (DCO)[2] se marque aussi pour les polluants organiques d’origine industrielle. Pour les masses d’eau qui n’atteignent pas le bon état ou le bon potentiel écologique exigé par la DCE, la Wallonie met en œuvre des mesures listées dans les deuxièmes Plans de gestion des districts hydrographiques[3], orientées notamment vers les secteurs résidentiel, agricole et industriel. Ces mesures sont notamment la poursuite des investissements pour l’amélioration de l’assainissement collectif et autonome, le support pour l’amélioration des échanges de matières organiques entre agriculteurs ou le suivi des rejets de substances polluantes[4] en sortie d’industrie ou de station d’épuration collective.

 


[1] Voir l’indicateur relatif à la collecte et au traitement des eaux usées urbaines q et l’indicateur relatif au taux d’équipement en stations d’épuration q

[2] La DCO représente la quantité d’oxygène nécessaire pour oxyder les substances organiques et minérales de l’eau à l’aide d’oxydants chimiques forts. Elle permet d’estimer la charge polluante des eaux usées.

[3] Voir les Plans de gestion des districts hydrographiques 2016 - 2021 q et l'indicateur qui y est consacré q

[4] 91 substances reprises dans le registre européen des rejets et de transferts de polluants (E-PRTR)

État des cours d'eau selon la demande biochimique en oxygène (DBO₅)* en Wallonie – bassin de l’Escaut

* Percentile 90 des DBO5 annuelles. La méthode de calcul du P90 a été modifiée (et appliquée sur toute la série temporelle) par rapport aux publications précédentes.

** Sites de contrôle pour lesquels les données sont disponibles chaque année entre 1996 et 2015.
 

REEW – Source : SPW - DGO3 - DEE (base de données AQUAPHYC)

État des cours d'eau selon la demande biochimique en oxygène (DBO₅)* en Wallonie – bassins de la Meuse, du Rhin et de la Seine

* Percentile 90 des DBO5 annuelles. La méthode de calcul du P90 a été modifiée (et appliquée sur toute la série temporelle) par rapport aux publications précédentes.

** Sites de contrôle pour lesquels les données sont disponibles chaque année entre 1996 et 2015.

 

REEW – Source : SPW - DGO3 - DEE (base de données AQUAPHYC)

État des cours d’eau selon la demande biochimique en oxygène (DBO₅)

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* Percentile 90 des concentrations annuelles

** Les données de 2013 et 2014 sont reprises uniquement en l’absence des données pour 2015.

 

REEW – Source : SPW - DGO3 - DEE (base de données AQUAPHYC) / Traitements DEMNA

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Évaluation

Favorable
  • Référentiel : Code de l’eau - normes de l’AGW du 13/09/2012 q (percentile 90 des concentrations annuelles)
  • Sur la période 2013 - 2015, la proportion de l'ensemble des sites de contrôle où la DBO5 indiquait une eau de qualité mauvaise à médiocre était de 2,7 %.
En amélioration

Entre 1996 et 2015, le pourcentage de sites de contrôle communs avec une eau de qualité mauvaise à médiocre du point de vue de la DBO5 a diminué en moyenne d’environ 0,3 % par an.