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Émissions de gaz à effet de serre

Dernière mise à jour  :  10 décembre 2020

Dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques et compte tenu des objectifs européens et internationaux, la Wallonie a prévu de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 80 à 95 % en 2050 par rapport à 1990. En outre, elle s’est engagée à atteindre des objectifs intermédiaires dont certains arrivent à échéance à l’horizon 2020.

Le CO2 comme principal GES

En 2018, la Wallonie a émis dans l’atmosphère 37 155 kt éq CO2 de GES[1] dont 83 % sous forme de CO2 et le solde sous forme de CH4 (8 %), de N2O (7 %) et de gaz fluorés (2 %). Les émissions wallonnes représentaient 31 % des émissions belges de GES(a). Avec 10,2 t éq CO2 émises par habitant, la Wallonie dépassait la moyenne européenne (UE-28 : 8,2 t éq CO2/hab). Les principales sources d’émissions étaient l’industrie (29,1 %), le transport routier (24,3 %), le secteur résidentiel (16,7 %) et l’agriculture (12,7 %).

Réduction des émissions dans tous les secteurs sauf le transport routier et le tertiaire

Entre 1990 et 2018, les émissions de GES ont diminué de 33,4 % grâce à des réductions marquées dans les secteurs de la transformation et du transport d'énergie (- 60,4 %) (utilisation accrue de gaz naturel et de biomasse en remplacement de combustibles plus émetteurs comme le charbon q) et de l’industrie (- 58,1 %) q (changement de combustibles, amélioration des procédés, fermetures dans la sidérurgie, accords de branche q...) et ce, malgré l’augmentation importante des émissions du transport routier (+ 34,8 %) (augmentation du nombre de véhicules et des kilomètres parcourus q q). Les émissions du secteur résidentiel ont globalement diminué entre 1990 et 2018 (- 11,2 %) mais fluctuent annuellement en fonction des conditions climatiques q. Il en est de même pour les émissions du secteur tertiaire (moindre contribution) qui, par contre,ont augmenté sur la période (+ 10,5 %) q.

Les objectifs européens pour 2020 quasiment atteints

La Wallonie s’est engagée à réduire les émissions de GES des secteurs non-ETS[2] selon une trajectoire linéaire[3] démarrant en 2013 et aboutissant en 2020 à une réduction de 14,7 % par rapport à 2005[4]. De 2013 à 2017, les émissions non-ETS étaient inférieures aux quotas annuels d'émissions[5] définis selon la trajectoire. En 2018, les émissions non-ETS étaient très légèrement supérieures à la trajectoire linéaire de réduction (dépassement de l’ordre de 95 kt éq CO2, soit de l’ordre de 0,4 % de l’objectif). Ce dépassement est notamment lié à une révision du bilan énergétique du secteur résidentiel, qui a amené un recalcul et une augmentation des émissions liées à la consommation de mazout pour les années 2010 - 2018. Dans la mesure où la trajectoire de réduction est de plus en plus contraignante d’année en année, le respect de l’objectif wallon pour les années 2019 - 2020 n’est pas garanti, mais les parts non utilisées des quotas annuels d'émissions alloués pour les années 2013 à 2017 pourront être utilisées en vue d'assurer la conformité[4].
Les objectifs de réduction des secteurs industriels (ETS)[6] sont gérés au niveau européen, avec un objectif moyen européen de - 21 % en 2020 par rapport à 2005 q. Dans le cas de la Wallonie, les émissions ETS ont diminué de 43,6 % entre 2005 et 2018.
Les objectifs fixés pour la Belgique dans le cadre 2013 - 2020 du Protocole de Kyoto[7] (- 20 % par rapport à 1990) seront en pratique atteints via le respect des objectifs européens ETS et non-ETS.

Des objectifs wallons ambitieux pour 2050

Dans le cadre du décret "Climat" du 20/02/2014 q, la Wallonie a prévu de réduire ses émissions de GES par rapport à 1990 de 30 % d’ici 2020 et de 80 à 95 % d’ici 2050. La Déclaration de politique régionale 2019 - 2024 q prévoit en outre un objectif intermédiaire de 55 % en 2030. En plus de fixer des objectifs de réduction des émissions de GES, le décret "Climat" prévoit tous les 5 ans l’élaboration de "budgets" d’émission (quotas) et d’un Plan air climat énergie.
Le Plan air climat énergie 2016 - 2022 (PACE)[8] précise les mesures à poursuivre par rapport au Plan air-climat (2008 - 2012)[9] et fixe des mesures à mettre en œuvre à l’horizon 2022 (p. ex. poursuivre la démarche "accords de branche" dans une 2ème génération d’accord).
Par ailleurs, dans le cadre du règlement (UE) 2018/842 q et des directives relatives à l’énergie (directives 2009/28/CE q et 2012/27/UE q), qui s'inscrivent dans la suite de l’Accord de Paris q sur le climat, le Plan wallon énergie climat 2030 (PWEC) q, contribution wallonne au Plan national énergie-climat (PNEC) q, a été adopté en novembre 2019 par le Gouvernement wallon. Il prévoit plusieurs mesures à mettre en œuvre d'ici à 2030[10]. Elles concernent principalement la mobilité, la production d'énergie renouvelable et la consommation d'énergie des bâtiments.


[1] Hors émissions de CO2 issues de la biomasse et émissions/séquestrations liées à la gestion forestière, qui ne sont pas comptabilisées dans le cadre des objectifs européens 2013 - 2020

[2] Secteurs non concernés par l’Emission Trading Scheme (ETS) ou système d'échange de quotas d'émissions de GES de l'UE : transport, bâtiments, agriculture, déchets...

[3] Les trajectoires 2017 - 2020 ont été revues aux niveaux européen, national et régional, suite à l'application (i) de l'article 27§2 du règlement (UE) n° 525/2013 q permettant la révision des quotas d'émissions suite à l'application des nouvelles lignes directrices pour les inventaires de GES, émises en 2006 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)(b) et (ii) des nouveaux potentiels de réchauffement global des différents GES (décision 24/CP.19 de la 19ème Conférence des Parties q). Ceci explique le saut dans la trajectoire non-ETS entre 2016 et 2017.

[4] Décision n° 406/2009/CE q et Accord de coopération du 12/02/2018 q portant sur le Burden Sharing intra-belge notamment

[5] Quantité maximale d'émissions de GES autorisée pour une année

[6] En Wallonie, les secteurs ETS incluent environ 90 % des émissions des secteurs de l’industrie et de la production d’électricité. Certaines installations, qui étaient non-ETS en 2005, n'ont été reprises dans l'ETS qu'à partir de 2013.

[7] Voir le Protocole de Kyoto q et l'Amendement de Doha au Protocole de Kyoto q

[8] Voir le PACE q et la fiche d'indicateurs relative au PACE q

[9] Voir la 1ère partie q, la 2ème partie q et la 3ème partie q du Plan air-climat (2008 - 2012)

[10] En vue de répondre aux engagements de la Déclaration de politique régionale 2019 - 2024 q, les objectifs et les mesures feront l'objet d'un travail de mises à jour.

Émissions atmosphériques de gaz à effet de serre (GES) en Wallonie*, par secteur d'activité (2018)

* Hors émissions de CO2 issues de la biomasse et émissions/séquestrations liées à la gestion forestière. Hors émissions liées au transport aérien international
** Y compris le transport agricole
*** Centrales de production d’électricité (hors industries, hors incinérateurs de déchets), cokeries et transport de gaz naturel
**** Y compris les incinérateurs de déchets ménagers
***** Militaire, aérien (vols domestiques), rail et voie d’eau, activités multimodales, entretien des forêts et des parcs
****** Changement d'affectation du sol

Émissions atmosphériques de gaz à effet de serre (GES) des principaux secteurs d'activité en Wallonie*

* Hors émissions de CO2 issues de la biomasse et émissions/séquestrations liées à la gestion forestière. Hors émissions liées au transport aérien international
** Objectifs wallons (par rapport à 1990) : 2020 : - 30 % (décret "Climat") ; 2030 : - 55 % (DPR 2019 - 2024) ; 2050 : - 80 à - 95 % (décret "Climat")
*** Y compris le transport agricole
**** Centrales de production d'électricité (hors industries, hors incinérateurs de déchets), cokeries et transport de gaz naturel

Émissions atmosphériques de gaz à effet de serre (GES) des secteurs ETS* et non-ETS en Wallonie

Emission Trading Scheme
** Une révision des trajectoires 2017 - 2020 aux niveaux européen, national et régional explique le saut entre 2016 et 2017.
     Le Plan wallon énergie climat 2030 prévoit une réduction de - 37 % pour 2030 par rapport à 2005.
*** L'objectif ETS est directement géré au niveau européen, sans objectifs définis au niveau national ou régional.

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Évaluation

Évaluation non réalisable
  • Référentiel : Objectifs wallons concernant les émissions de GES à l’horizon 2020, 2030 et 2050 (Décret "Climat" du 20/02/2014 q et Déclaration de politique régionale 2019 - 2024 q) ; objectifs wallons pour les émissions des secteurs non-ETS à l’horizon 2020 et 2030 (Accord de coopération intra-belge du 12/02/2018 q, Plan wallon énergie climat 2030 q). Pour les émissions de GES des secteurs ETS, il n'y a pas de référentiel pour la Wallonie (objectif global européen et mise aux enchères des quotas).

  • En Wallonie, les objectifs fixés pour 2020 devraient être atteints, tant au niveau des émissions totales de GES que pour les émissions des secteurs non-ETS. En 2018, ces dernières étaient très légèrement supérieures à la trajectoire linéaire de réduction (dépassement de l’ordre de 95 kt éq CO2, soit de l’ordre de 0,4 % de l’objectif), mais les parts non utilisées des quotas annuels d'émissions alloués pour les années 2013 à 2017 pourront être utilisées en vue d'assurer la conformité.
    L’évaluation de l’atteinte des objectifs à moyen et long terme est plus nuancée. Les tendances observées ces dernières années ne semblent en effet pas suffisante pour atteindre les objectifs plus ambitieux définis pour 2030 et 2050. Au vu de cette incertitude, une évaluation globale de l’état n’est pas réalisable.

Évaluation non réalisable

Entre 1990 et 2018, les émissions de GES sont globalement à la baisse (- 33,4 %). Des réductions marquées ont été réalisées dans certains secteurs, en particulier celui de l’industrie (- 58,1 %). La dynamique semble cependant se stabiliser ces dernières années. Une évaluation unique de la tendance n’est donc pas réalisable.