Éco-efficience de la production d’électricité

Dernière mise à jour  :  10 janvier 2018

L’éco-efficience de la production d’électricité peut être évaluée en comparant l’évolution des quantités produites à celle des pressions exercées sur l’environnement. Celles-ci sont différentes selon les combustibles et les technologies utilisées : rejets de polluants atmosphériques, consommation d’eau de refroidissement, rejets d’eaux usées et production de déchets (dont certains sont radioactifs).

Gain d’éco-efficience

Entre 1995 et 2014, la production d’électricité s’est découplée des émissions de substances acidifiantes, de précurseurs d’ozone et de gaz à effet de serre. Cette amélioration s’explique principalement par des investissements dans le secteur et par l’évolution du parc productif wallon : remplacement progressif des centrales thermiques au charbon par des centrales modernes au gaz avec un meilleur rendement à partir des années ‘90, développement de petites unités de cogénération et essor du renouvelable dès les années 2000. À noter que la centrale nucléaire de Tihange restait la principale source d’électricité en Wallonie en 2014 avec 62 % de l’électricité produite. Cette part est néanmoins en baisse depuis 2010.

Les émissions de CO2 issues de la combustion de biomasse

Les rejets de polluants dans l’atmosphère proviennent de la combustion de sources d’énergie primaires. Les émissions de CO2 issues de la combustion de la biomasse ne sont cependant pas prises en compte dans le cadre du protocole de Kyoto q qui considère que cette biomasse est renouvelée et que le CO2 émis est donc restocké par la suite dans les écosystèmes. Elles étaient évaluées à 1 409 kt éq CO2 en 2014, une valeur multipliée par six en 10 ans en lien avec le développement de cette filière en Wallonie q. La prise en compte de ces émissions atténue le gain d’éco-efficience du secteur.

Qu’en est-il des autres pressions ?

Les centrales électriques exercent d’autres pressions, notamment liées à la génération de déchets et à l’utilisation de l’eau. La quantité de déchets générés[1] est passée de 473 kt en 1995 à 70 kt en 2013. Cette baisse est principalement due à l’abandon progressif du charbon, qui engendrait d’importantes quantités de cendres. Les centrales électriques ont également des besoins élevés en eau de refroidissement. En 2013, environ 78 % des volumes prélevés en eaux de surface ont été utilisés pour le refroidissement des centrales électriques wallonnes q, ce qui peut générer localement des perturbations des écosystèmes (rejets d’eau chaude dans les cours d’eau).

Mesures à l’horizon 2022

Le Plan air climat énergie 2016 - 2022 q promeut le développement de l’électricité verte (mécanisme des certificats verts, centrales biomasses…). Il ambitionne également de doubler la production d’électricité produite à partir de déchets. Plusieurs mesures concernent l’adaptation aux nouveaux modes de production d’électricité (intermittents, décentralisés…) notamment en encourageant la flexibilité du réseau et de la demande ou en développant des solutions de stockage de l’électricité.

 


[1] Déchets radioactifs non compris (le volume de déchets radioactifs stockés en Belgique et provenant des entreprises actives dans la production d’électricité était estimé à plus de 12 000 m³ en 2015)

Éco-efficience du secteur de la production d’électricité en Wallonie

* Y compris renouvelable et pompage

** Déchets radioactifs non inclus

 

REEW – Sources : SPW - AwAC (rapportage effectué en février et en juin 2016, données 2014 provisoires) ; SPW - DGO4 - DEBD ; SPW - DGO3 - DEE (Enquête intégrée environnement)
 

Centrales électriques hors sources d’énergie renouvelables

417e7f63-b817-462d-a7e4-bb4ce6738358

* Sélection des sites avec une puissance installée supérieure ou égale à 1 000 kW

** La puissance installée des réacteurs de Tihange est de 3 083 000 kW et celle de la centrale de pompage de Coo est de 1 164 000 kW.


REEW – Source : SPW - DGO4 - DEE

Centrales électriques alimentées en sources d’énergie renouvelables

1b68d6a0-b56d-4a76-8c62-6f055545a716

* Plusieurs implantations d’éoliennes se chevauchent dans les régions de Perwez, Leuze et Sainte-Ode.

** Sélection des sites avec une puissance installée supérieure ou égale à 500 kW


REEW – Source : SPW - DGO4 - DEBD

075c013d-4ef7-4fd1-be26-c8ed42c4bcd6

Évaluation

Favorable
  • Référentiel : principe de découplage
  • Entre 1995 et 2014, un découplage est observé entre la production d’électricité d'une part et les émissions de polluants atmosphériques et la génération de déchets d’autre part.
En amélioration

De manière générale, sur l’ensemble de la période 1995 ‑ 2014, l’intensité du découplage entre la production électrique et les indicateurs de pressions est en augmentation.