À partir des données relatives aux permis de bâtir, il est possible de mettre en évidence les tendances en matière de construction neuve de logements. D’une façon générale, les immeubles à appartements ont un impact environnemental plus faible que les maisons unifamiliales, particulièrement en raison de leur moindre consommation en ressource foncière. Le niveau de performance énergétique des bâtiments (PEB) influence lui aussi l’impact environnemental de tout nouveau logement.

En construction neuve, un peu plus de maisons unifamiliales que d'appartements en 2020

En 2020, 11 067 nouveaux logements étaient autorisés dans des constructions neuves[1] en Wallonie, dont 3 883 maisons unifamiliales 4 façades (35,1 % des nouveaux logements), 1 512 maisons unifamiliales 3 façades (13,7 %), 612 maisons unifamiliales 2 façades (5,5 %) et 5 060 appartements (45,7 %). Les maisons unifamiliales (4, 3 et 2 façades) représentaient donc 54,3 % des nouveaux logements autorisés.

Entre 2005 et 2020, la production de logements neufs en Wallonie a diminué de 22,4 % (14 269 nouveaux logements autorisés en 2005). Cette diminution n’a toutefois pas été linéaire : après une période de relative stagnation entre 2005 et 2008, la production de logements a globalement diminué jusqu’en 2016 (10 283 nouveaux logements autorisés) et oscille depuis lors environ entre 11 100 et 11 600 logements par an. C’est principalement la réduction du nombre de permis délivrés pour des maisons 4 façades qui explique cette tendance. En effet, entre 2005 et 2016, le nombre de permis délivrés pour ce type de logements est passé de 6 556 (soit 45,9 % des nouveaux logements) à 3 439 (33,4 % des nouveaux logements). Depuis 2016, les chiffres sont relativement stables, avec toutefois une légère tendance à la hausse en 2019 et 2020. Le nombre de permis délivrés annuellement pour des appartements oscillait quant à lui environ entre 5 000 et 7 000 au cours de la période 2005 - 2020. La part des appartements dans la production de logements neufs a ainsi varié d’un peu plus de 40 % en 2005 et 2006 à plus de 45 % sur la période 2013 - 2020. Les facteurs permettant d'expliquer ces tendances sont multiples : vieillissement de la population et diminution de la taille des ménages, augmentation du coût du foncier, durcissement des conditions d'accès aux crédits hypothécaires, diminution du potentiel foncier en zones d'habitat... Concernant les maisons unifamiliales 3 et 2 façades, le nombre de permis délivrés pour ce type de logements a peu évolué, avec une moyenne de 1 411 maisons 3 façades et 661 maisons 2 façades par an sur la période 2005 - 2020.

Production de logements neufs en Wallonie

Appartements et maisons unifamiliales autorisés dans la production de logements neufs en Wallonie

Des disparités entre les communes wallonnes

Sur la période 2016 - 2020, les communes présentant la plus forte proportion d'appartements dans la production totale de nouveaux logements (plus de 75,0 %) étaient principalement situées en région liégeoise (Saint-Nicolas, Liège, Esneux, Seraing, Ans, Beyne-Heusay, Crisnée, Chaudfontaine). D’autres communes telles qu’Eupen, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Tubize, Arlon et Aubel étaient également dans ce cas. À côté de la commune de Liège qui affichait un taux de 85,2 %, les communes des 5 autres grandes villes wallonnes présentaient des taux variables : Tournai 30,3 %, Namur 53,7 %, Charleroi 64,6 %, Mons 66,7 % et Verviers 67,6 %. À noter que le taux d'offre foncière pour l'habitat au plan de secteur[2] au sein de ces communes était inférieur à 25 %. Dans de nombreuses communes rurales, la part des permis délivrés pour des appartements restait faible, la production de logements neufs étant majoritairement orientée vers la construction de maisons unifamiliales.

Production de logements neufs (2016 - 2020)

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Les performances énergétiques des logements neufs[3] en amélioration

En 2021[4], 55,8 % des logements neufs finalisés présentaient un niveau de PEB équivalent à un label B[5]. Le solde était quasi exclusivement constitué de logements caractérisés par des performances énergétiques supérieures : 37,2 % de logements avec un label A, 5,5 % avec un label A+ et 1,5 % avec un label A++. Entre 2012 et 2021, le niveau de PEB des logements neufs s’est amélioré, avec une diminution de la part des logements avec un label B (qui représentaient 84,0 % des logements neufs en 2012) principalement au profit des logements avec un label A (13,2 % des logements neufs en 2012). La part de logements neufs avec un label A+ ou A++, qui était restée relativement stable depuis 2012 (< 4 % pour les logements avec un label A+ et < 1 % pour les logements avec un label A++ entre 2012 et 2019), a légèrement augmenté en 2020 et 2021. À l’avenir, l’amélioration des performances énergétiques des logements neufs devrait se poursuivre, étant donné le renforcement progressif des exigences en matière de PEB. Ainsi, depuis le 01/01/2021, le standard "quasi zéro énergie" (Q-ZEN) est d’application pour toute demande de permis d'urbanisme relative à un bâtiment neuf. Concrètement, cela signifie que tous les bâtiments neufs doivent être à consommation d'énergie quasi nulle, c'est-à-dire au minimum un label A[6].

Performances énergétiques des logements neufs en Wallonie

* Données partielles (du 01/01/2021 au 19/07/2021)

 


[1] Données relatives aux permis de bâtir. Les constructions neuves du secteur résidentiel comprennent les maisons unifamiliales (2, 3 ou 4 façades) et les immeubles à appartements. Le nombre total de nouveaux logements est déterminé en additionnant le nombre de maisons unifamiliales et le nombre d'appartements. De nouveaux logements peuvent aussi être créés par transformation et rénovation. Ils ne sont pas pris en considération pour la construction de la fiche d’indicateurs.

[2] Terrains non urbanisés (terrains qui sont toujours à l’état naturel, forestier ou agricole) situés en zones d’habitat et d'habitat à caractère rural et en zones d’enjeu communal au plan de secteur. Ces terrains correspondent à une offre foncière théorique, c'est-à-dire à une estimation maximale des terrains disponibles. Pour plus d’informations, voir l’indicateur statistique "Offre foncière pour l’habitat au plan de secteur" sur le site internet de l’IWEPS q

[3] Sur base de la "déclaration PEB finale"

[4] Données partielles, du 01/01/2021 au 19/07/2021

[5] À partir du 01/05/2010, une consommation spécifique d'énergie primaire (Espec) < 170 kWh/(m2.an) (soit un label B) est devenue obligatoire pour toute nouvelle demande de permis. Voir la directive 2010/31/UE q, le décret du 28/11/2013 q et l’AGW du 15/05/2014 q

[6] Plus d’informations sur le portail énergie du Service public de Wallonie q

Évaluation

d5a966a2-364d-457b-b92d-6d08de8be8c9 Évaluation de l'état non réalisable et tendance à l'amélioration

Évaluation non réalisable

Une évaluation unique n'est pas réalisable : la fiche d'indicateurs s'intéresse à deux sous-thématiques et la première ne dispose pas de référentiel.

  • Indicateurs relatifs à la production de logements neufs : pas de référentiel
  • Indicateur "Performances énergétiques des logements neufs" :
    • Référentiel : AGW du 15/05/2014 q. Pour toute demande de permis d'urbanisme relative à un bâtiment neuf destiné au logement individuel déposée entre le 01/01/2017 et le 31/12/2020, une consommation spécifique d'énergie primaire (Espec) ≤ 115 kWh/(m2.an) est obligatoire.

    • Vu que les données proviennent de la déclaration PEB finale, les données relatives à l'année 2021 (données partielles, du 01/01/2021 au 19/07/2021) se rapportent à des demandes de permis d'urbanisme déposées entre 2017 et 2020. En 2021, 8,4 % des logements neufs se caractérisaient par un niveau de PEB > 115 kWh/(m2.an). L'état est donc jugé légèrement défavorable.

En amélioration
  • Entre 2005 et 2020, le nombre de maisons 4 façades autorisées est passé de 6 556 à 3 883 (- 40,8 %). Le nombre de maisons 2 et 3 façades et d'appartements autorisés (considérés comme moins impactants d’un point de vue environnemental) est resté globalement stable.
  • Le niveau de performance énergétique des logements neufs s’est amélioré entre 2012 et 2021, avec davantage de logements caractérisés par un label A minimum (15,7 % en 2012 versus 44,2 % en 2021).