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Utilisation des produits phytopharmaceutiques par les ménages

Dernière mise à jour  :  16 décembre 2019

Les produits phytopharmaceutiques (PPP) sont des produits destinés essentiellement à lutter contre les végétaux indésirables et à protéger les végétaux[1]. Ils sont surtout utilisés en agriculture q, mais aussi notamment dans les jardins, par les ménages. Ces usages non professionnels sont souvent inopportuns (manque d’information quant aux alternatives, application non conforme...) et peuvent porter atteinte à la santé des utilisateurs et de leur entourage, ainsi qu’à l’environnement.

Une enquête(a) a été réalisée au printemps 2019 auprès d’un panel constitué de 2 009 ménages wallons possédant un jardin, représentatif de la population wallonne, afin notamment de cerner leurs motivations quant à l’utilisation des PPP et/ou des méthodes alternatives et d’identifier les modalités d’achat et d’utilisation des PPP. Cette enquête fait suite à une 1ère enquête similaire(b) menée au printemps 2016 auprès d’un panel constitué de 2 033 ménages wallons possédant un jardin.

En 2019, 34 % des ménages wallons utilisaient des PPP dans leur jardin

En 2019, parmi les ménages wallons interrogés, 11 % utilisaient exclusivement des PPP et 23 % utilisaient à la fois des PPP et des méthodes alternatives. Il s’agit d’une évolution positive, puisque l’enquête précédente menée en 2016 avait révélé que 20 % des ménages utilisaient exclusivement des PPP et 22 % utilisaient à la fois des PPP et des méthodes alternatives.

Les motivations des ménages qui utilisaient des PPP étaient diverses, les facteurs les plus fréquemment cités étant une meilleure maîtrise du retour des végétaux indésirables, une méthode plus rapide, plus efficace et donnant de meilleurs résultats. Les ménages qui avaient recours à des méthodes alternatives mettaient quant à eux prioritairement en avant la préservation de l’environnement, la nocivité des PPP pour leur santé et les risques moindres pour leur entourage.

Les jardineries, enseignes privilégiées

En ce qui concerne les filières d’achat, si la proportion de ménages achetant des PPP dans des magasins de bricolage était stable (53 % en 2019 et 52 % en 2016), les jardineries étaient de plus en plus privilégiées (49 % des ménages y achetaient des PPP en 2019 versus 41 % en 2016) à la place des grandes surfaces (23 % en 2019 versus 29 % en 2016). Les achats sur internet étaient par ailleurs significativement en hausse, cette filière étant utilisée par 5 % des ménages wallons (contre 2 % en 2016). Enfin, une part non négligeable de ménages passait par une filière illégale, à savoir l’acquisition via un agriculteur (5 %).

Une utilisation des PPP pas toujours responsable

D’après les résultats de l’enquête menée en 2019, au moment d’appliquer le produit, 60 % des ménages lisent intégralement la notice d’utilisation, 36 % la lisent en diagonale et 4 % ne la lisent pas du tout. Ces résultats sont stables par rapport à 2016.

Concernant les protections utilisées lors de la manipulation des PPP, le port des gants restait en 2019 la mesure de protection la plus courante (69 % des utilisateurs), mais il faisait l’objet d’un recul significatif par rapport à 2016 (75 %). Il faut cependant noter que le port de gants conformes (c’est-à-dire en nitrile ou en néoprène) ne concernait que 17 % des utilisateurs de PPP. Le recours aux autres moyens de protection était relativement faible : bottes (25 %), masque (21 %), lunettes (18 %), vêtements de protection imperméables (9 %). Une fraction non négligeable des utilisateurs (18 %) ne portait aucune protection. Ces résultats étaient stables par rapport à 2016, à l’exception du port du masque, pour lequel une augmentation a été observée par rapport à 2016 (16 % des utilisateurs). Cependant, à l’instar de ce qui était observé pour les gants, seuls 5 % des utilisateurs de PPP portait un masque conforme (c’est-à-dire un masque à cartouche de charbon actif). Le faible taux d’utilisateurs portant des gants et/ou un masque conformes est vraisemblablement en partie lié au fait que les étiquettes de PPP ne précisent pas le type de masque et/ou de gants à porter.  

Interrogés par rapport au matériel utilisé pour pulvériser les PPP (hors produits non prêts à l’emploi), le pulvérisateur à dos à pression manuelle et le spray figuraient dans le trio de tête (61 % et 20 %, respectivement), de même que l’arrosoir (19 %).

Une gestion des déchets souvent non conforme

Enfin, concernant la gestion des déchets, 59 % des utilisateurs de PPP utilisaient la filière adéquate et déposaient leur emballage vide ou leurs restes de produits en excès/périmés au recyparc, alors que 19 % les déposaient dans la poubelle PMC (plastiques, métaux et cartons à boissons), 16 % dans la poubelle tout-venant et 5 % les incinéraient. Ces résultats traduisent une évolution plutôt négative par rapport à 2016 : d’une part, une fraction plus élevée des utilisateurs de PPP se rendait au recyparc (64 %), et d’autre part, une fraction moindre pratiquait l’incinération à domicile (1 %).

Le Programme wallon de réduction des pesticides (PWRP)  et les ménages

Le PWRP 2018 - 2022[2] prône une "utilisation responsable et raisonnée des PPP" par les ménages. Dans ce contexte, il contient plusieurs mesures visant à encadrer l’usage des PPP et à sensibiliser les ménages aux bonnes pratiques du jardinage : réalisation d’un guide de bonnes pratiques au jardin et d’un dépliant expliquant les moyens de lutte alternatifs, promotion du conseil avant la délivrance du produit au niveau des points de vente, organisation d’une campagne bisannuelle de récolte des anciens PPP et de leurs emballages... Les résultats de l’enquête de 2019 montrent que les mesures d’encadrement et de sensibilisation des ménages prévues par le PWRP q n’atteignent que partiellement leur cible et nécessiteraient vraisemblablement d’être adaptées.

 


[1] Ils comprennent notamment les fongicides, les herbicides, les agents antimousse, les insecticides, les molluscicides et les rodenticides.

[2] Voir le PWRP 2018 - 2022 q et la fiche d’indicateurs qui y est consacrée q

Utilisation des produits phytopharmaceutiques et des méthodes alternatives par les ménages wallons*

 

* Résultats basés sur des enquêtes réalisées au printemps 2019(a) et au printemps 2016(b) auprès d’un panel de ménages wallons représentatif de la population wallonne

 

Filières d’achat des produits phytopharmaceutiques utilisées par les ménages wallons*

 

* Résultats basés sur des enquêtes réalisées au printemps 2019(a) et au printemps 2016(b) auprès d’un panel de ménages wallons représentatif de la population wallonne

 

Précautions prises par les ménages wallons* pour manipuler les produits phytopharmaceutiques

 

* Résultats basés sur des enquêtes réalisées au printemps 2019(a) et au printemps 2016(b) auprès d’un panel de ménages wallons représentatif de la population wallonne

 

Gestion des emballages vides et des restes de produits phytopharmaceutiques en excès/périmés par les ménages wallons*

 

* Résultats basés sur des enquêtes réalisées au printemps 2019(a) et au printemps 2016(b) auprès d’un panel de ménages wallons représentatif de la population wallonne

 

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Évaluation

Évaluation non réalisable
  • Pas de référentiel pour évaluer "l’utilisation responsable et raisonnée des produits phytopharmaceutiques" par les ménages wallons au sens du Programme wallon de réduction des pesticides 2018 - 2022 q.
  • Il est à noter qu’en matière de gestion des déchets, les produits phytopharmaceutiques doivent être collectés en recyparcs étant donné qu'ils sont classés comme déchets spéciaux des ménages (AGW du 05/03/2008 q). En 2019, 59 % des ménages qui utilisaient des produits phytopharmaceutiques déposaient leurs emballages vides ou leurs restes de produits au recyparc.
Évaluation non réalisable

Il n’existe pas de données sur une période suffisamment longue (une enquête en 2016 et une enquête en 2019).

Entre 2016 et 2019, la part des ménages qui déposaient les emballage vides ou les restes de produits phytopharmaceutiques au recyparc a diminué (64 % en 2016 versus 59 % en 2019). Parallèlement, la part des ménages qui les incinéraient à domicile a augmenté (1 % en 2016 versus 5 % en 2019).