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Émissions de précurseurs d'ozone troposphérique

Dernière mise à jour  :  23 avril 2019

L’ozone troposphérique est un polluant nocif pour la santé et l'environnement. Il se forme dans l’air ambiant par temps chaud très ensoleillé via une série de réactions photochimiques complexes dans lesquelles interviennent des polluants précurseurs tels que des oxydes d’azote (NOx) et des composés organiques volatils (COV). Les émissions de ces précurseurs d'ozone dans l'atmosphère font l'objet d'un suivi afin de mieux les maîtriser.

Des sources d'émissions diverses

En 2016, les émissions atmosphériques de NOx et de COV[1] issues des activités humaines s’élevaient respectivement à 73 kt éq NO2 (soit 89 kt éq COV)[2]  et 43 kt éq COV en Wallonie. Les principales sources de NOx étaient le transport routier (47,0 %) et le secteur industriel (25,7 %) (cimenteries, verreries, chimie…). Les COV étaient quant à eux principalement émis par les activités agricoles (34,3 %) (cultures, effluents d'élevage) et par l’utilisation de solvants (28,9 %) (peintures, colles, dégraissants…).

Les émissions continuent de décroître

Entre 1990 et 2016, les émissions wallonnes de précurseurs d’ozone ont diminué de 56 % pour atteindre 132 kt éq COV.

Les principaux facteurs qui permettent d’expliquer la diminution des émissions de NOx (- 54 %) sont :

  • une réduction de moitié des émissions des transports routiers (pots catalytiques, normes EURO…) et ce, malgré l’augmentation constante du trafic[3] et la part dominante des véhicules diesel dans le parc automobile q ;
  • la mise en service des centrales électriques TGV (turbine gaz vapeur) ;
  • la fermeture de centrales électriques alimentées en charbon, de cokeries et d’entreprises sidérurgiques ;
  • des modifications de procédés dans l’industrie chimique et les cimenteries.

Les secteurs de l'agriculture et résidentiel sont ceux dont les émissions de NOx ont le moins baissé sur la période.

Les émissions anthropiques de COV ont chuté de 59 % entre 1990 et 2016, grâce notamment à l’installation de pots catalytiques sur les véhicules, l’utilisation de systèmes de récupération de vapeurs d’essence lors de la manutention de carburants dans les stations-service, l'emploi de produits à faible teneur en solvants et l’application de nouvelles conditions d’exploiter dans certains secteurs (imprimerie, nettoyage à sec…).

Les secteurs de l'agriculture, résidentiel et de l'industrie sont des secteurs dont les émissions de COV ont très peu évolué sur la période.

Des plafonds d’émission à respecter

La Belgique respecte globalement les plafonds d’émission fixés dans la directive 2001/81/CE[4] q moyennant des ajustements[5] accordés par la Commission européenne pour le calcul des émissions de NOx de 2010 à 2016 dans le secteur du transport routier et le secteur agricole, et des émissions de COV en 2010 dans le secteur agricole.
En vue de respecter les futurs objectifs de réduction des émissions définis dans la directive (EU) 2016/2284[6] q, plus ambitieux, des mesures supplémentaires doivent encore être prises en Wallonie. Le Plan air climat énergie 2016 - 2022 (PACE)[7] précise les mesures à poursuivre par rapport au Plan air-climat (2008 - 2012)[8] et définit des mesures à mettre en œuvre à l’horizon 2022. Le décret relatif à la lutte contre la pollution atmosphérique liée à la circulation des véhicules q vise certaines de ces mesures à travers l'interdiction progressive des véhicules les plus polluants, la mise en place de zones de basses émissions et l'obligation d'éteindre le moteur lorsque le véhicule est à l'arrêt.

 


[1] Les COV regroupent différents types de composés (aldéhydes, benzène, terpènes...). Environ 40 % des émissions wallonnes de COV (comme les terpènes) sont naturellement produites par la végétation (notamment les forêts).

[2] Afin d’évaluer globalement l’impact des émissions de NOx et de COV, les quantités de NOx émises (en kt éq NO2) sont converties en kt équivalent COV.

[3] Voir la fiche d'indicateurs relative au transport de marchandises q et la fiche d'indicateurs relative à la demande en transport de personnes q

[4] Directive abrogée et remplacée par la directive (EU) 2016/2284 q adoptée le 14/12/2016, qui fixe de nouveaux objectifs de réduction d'émissions plus ambitieux à partir de 2020 et 2030 par rapport à 2005. Les plafonds d'émission définis dans la directive 2001/81/CE q restent cependant d'application jusqu'au 31/12/2019.

[5] Des plafonds d'émission à respecter dès 2010 ont été fixés pour les NOx et COV. L'inventaire des émissions n'a cessé cependant d'être amélioré (nouvelles sources d'émission, révision des facteurs d'émission et évolution de la méthodologie), ce qui a conduit pour la Belgique à des niveaux d'émissions plus élevés entraînant le non-respect des plafonds. La Belgique a bénéficié d' "ajustements" permettant de tenir compte de ces évolutions.

[6] Les objectifs de réduction d’émissions nationaux à atteindre à partir de 2020 et ceux à atteindre à partir de 2030 ont été répartis entre les trois Régions respectivement lors de la Conférence Interministérielle de l’Environnement (CIE) du 27/04/2012 et la CIE du 04/05/2017.

[7] Voir le PACE q et la fiche d'indicateurs relative au PACE q

[8] Voir la 1re partie q, la 2e partie q et la 3e partie q du Plan air-climat (2008 - 2012)

Émissions atmosphériques de précurseurs d'ozone troposphérique (d'origine anthropique) en Wallonie, par type de substance

REEW – Source : SPW - AwAC

Émissions atmosphériques d'oxydes d'azote (NOx) (d'origine anthropique) en Wallonie, par secteur d'activité

* Y compris les incinérateurs de déchets ménagers
** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...
*** Y compris le transport agricole


REEW – Source : SPW - AwAC

Émissions atmosphériques de composés organiques volatils (COV) (d'origine anthropique) en Wallonie, par secteur d'activité

* Y compris les incinérateurs de déchets ménagers

** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...

*** Y compris le transport agricole


REEW – Source : SPW - AwAC

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Évaluation

Légèrement défavorable
  • Référentiel : directive 2001/81/CE q dont les plafonds d'émission restent d'application jusqu'au 31/12/2019, bien qu'elle soit abrogée par la directive (EU) 2016/2284 q
  • En 2016, la Wallonie a émis 132 kt éq COV de précurseurs d’ozone troposphérique. Des ajustements réalisés au niveau national et accordés par la Commission européenne pour le calcul des émissions de NOx de 2010 à 2016 dans le secteur du transport routier et le secteur agricole, et des émissions de COV en 2010 dans le secteur agricole, ont permis à la Belgique de respecter globalement les plafonds d’émission. Ce respect des plafonds est lié notamment à des facteurs conjoncturels (fermetures d'entreprises).
En amélioration

Entre 1990 et 2016, les émissions atmosphériques anthropiques de précurseurs d’ozone troposphérique ont diminué de 56 % en Wallonie.