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Tendances de la production agricole : secteur animal

Dernière mise à jour  :  02 juillet 2019

L’élevage occupe une place importante dans le paysage agricole wallon. Les pressions et impacts sur l'environnement (production d'effluents organiques, émissions de gaz à effet de serre et de substances acidifiantes, rejets d’eaux usées, contamination fécale des cours d’eau, odeurs…) dépendent notamment du niveau d’intensification de la production, des pratiques agricoles et des mesures de gestion éventuellement mises en place.

Moins de bovins mais plus de volailles et de porcs

En 2018, 81,4 % des animaux d’élevage recensés en Wallonie étaient des poulets et poules, 12,8 % des bovins et 4,3 % des porcins. 

Entre 1990 et 2018, le cheptel de poulets et poules a été multiplié par 6, passant de près de 1 110 000 animaux à près de 7 101 000 animaux. Deux facteurs ont contribué à cette évolution : (i) certains agriculteurs wallons ont voulu se diversifier dans l'élevage hors sol afin d'augmenter la dimension économique de leur exploitation sans que cela nécessite des terrains supplémentaires, (ii) les entrepreneurs flamands se sont tournés vers des éleveurs wallons du fait de la difficulté d'accroitre en Flandre le nombre d'animaux hors sol suite à l'entrée en vigueur du Mestactieplan dans les années '90 (transposition en Flandre de la directive "nitrates" 91/676/CEE q). À noter que la crise de la dioxine[1] révélée fin mai 1999 n'a pas impacté la taille du cheptel à la date de recensement (15/05). La hausse observée en 2018 est liée en partie au moins à un changement méthodologique[2].

Sur la période 1990 - 2001, le cheptel bovin est resté relativement stable, totalisant environ 1 500 000 animaux. Sur la période 2001 - 2018, il a diminué de 26 %. En 2018, il comptait près de 1 114 000 animaux, dont 17 % de vaches laitières. Pour ces dernières, la baisse fut régulière sur l'ensemble de la période 1990 - 2018. Elle a principalement résulté de l’instauration des quotas laitiers, de la hausse de productivité des animaux et des incertitudes sur le marché du lait (suppression progressive des quotas jusqu'à leur disparition le 31/03/2015 et fluctuation du prix du lait sur le marché mondial). Le cheptel bovin viandeux a quant à lui été pénalisé par la crise de la vache folle[3], qui a provoqué un effondrement des ventes de viande bovine dès 2001 ainsi qu’un report partiel de la consommation sur la viande de porc et de volaille. D'autres facteurs (évolution des habitudes alimentaires, sensibilisation au bien-être animal…) ont pu contribuer ensuite à la baisse régulière de la consommation de viande bovine et de veau (- 28 % entre 2005 et 2016 en Belgique)[4], favorisant elle-même une diminution du cheptel. En 2017, la diminution a été plus importante que les années précédentes et ne s'est pas poursuivie en 2018.

Entre 1990 et 2018, le cheptel porcin a globalement augmenté (+ 24 %), passant de près de 305 000 animaux à près de 377 000 animaux. Il a connu une augmentation un peu plus soutenue entre 1997 et 2012 (+ 47 %), suivie d'une baisse en 2013 (- 20 %). Celle-ci est probablement un artefact lié à la méthodologie de suivi du nombre de porcs par exploitation[5] ; elle ne s'explique ni par une baisse de rentabilité du secteur ni par une crise sanitaire.

Des spécialisations sous-régionales

L’élevage est présent dans toutes les régions agricoles wallonnes q, avec des spécialisations liées notamment au potentiel agronomique des terres agricoles. La comparaison pour l’année 2018 des densités de cheptels des régions agricoles[6] aux moyennes calculées pour l'ensemble de la Wallonie permet de mettre en évidence les spécialisations suivantes : (i) la production de viande bovine en Fagne, Famenne, Ardenne et Région jurassique, (ii) la production de lait en Région herbagère et Haute Ardenne, (iii) l’élevage porcin en Région herbagère, (iv) l'élevage de poulets et poules en Fagne, Condroz et Famenne.

En termes de pressions environnementales, les bovins dominent

En termes d'unités gros bétail (UGB)[7], en 2018, le cheptel bovin dominait largement avec 80,5 % des UGB totalisées pour les animaux d'élevage recensés en Wallonie. Il était suivi par le cheptel porcin (10,3 % des UGB totalisées) et les poulets et poules (6,4 % des UGB totalisées). À titre de comparaison, 49 % des UGB que comptait l'UE-28 en 2016 étaient attribués aux bovins, 25 % aux porcs et 16 % aux poulets et poules(a). La structure du cheptel en Wallonie se rapproche de celle du Luxembourg et de l'Irlande dont respectivement 84 % et 82 % des UGB étaient attribuées aux bovins en 2016(a).

Une densité du bétail plus élevée que la moyenne européenne

L'indice de densité du bétail, calculé par le rapport du nombre total d'UGB (bovins, porcins, ovins, caprins, équins, poulets, poules, lapins) à la superficie agricole utilisée (SAU)(a) et considéré comme un indicateur de pressions exercées par l'élevage sur l'environnement[8], valait 1,3 UGB/ha de SAU pour la Wallonie en 2018. Sa tendance est à la baisse (- 13 % entre 1998 et 2018). À titre de comparaison, il valait 0,8 UGB/ha de SAU pour l'UE-28 en 2016(a). La même année, les Pays-Bas présentaient la valeur la plus élevée avec 3,8 UGB/ha de SAU, suivis par Malte et la Belgique avec 2,9 et 2,8 UGB/ha de SAU[9] respectivement.

L'indice de densité du bétail pâturant, calculé par le rapport du nombre d’UGB des espèces pâturantes (bovins, ovins, caprins et équins) à la superficie fourragère (terres arables affectées à la production fourragère et prairies permanentes) et considéré comme un indicateur de pressions exercées sur ces superficies, était quant à lui estimé à 2,0 UGB/ha de cultures fourragères pour la Wallonie en 2018. Il valait 1,0 UGB/ha de cultures fourragères pour l'UE-28 en 2016(a). À titre indicatif, à l'échelle de l'exploitation agricole, la méthode agro-environnementale et climatique (MAEC) q "Autonomie fourragère"[10] prévoit l'octroi d'une prime aux exploitants qui produisent eux-mêmes les aliments nécessaires au bétail (herbe et cultures fourragères), à condition notamment de respecter une densité de bétail de 0,6 à 1,4 UGB/ha de superficie sous herbe et/ou dédiée aux cultures fourragères[11].

À noter que les indices de densité du bétail varient selon les régions agricoles [En savoir plus].

 


[1] Crise sanitaire, politique et économique consécutive à la contamination début 1999, en Belgique essentiellement, de viande porcine, de viande de volaille et d'œufs par des polychlorobiphényles (PCBs) et dioxines provenant d'huiles minérales usagées utilisées frauduleusement pour la fabrication de graisses destinées à la production d'aliments pour animaux.

[2] À partir de 2018, comptabilisation des animaux présents dans l'étable avant un vide sanitaire, ce qui n'était pas le cas auparavant.

[3] Crise sanitaire, politique et économique consécutive à l'épizootie d'encéphalite spongiforme bovine ayant frappé principalement le Royaume-Uni entre la fin des années '80 et le début des années 2000. Cette crise était aggravée par le risque de transmission de la maladie à l'homme sous la forme de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, par consommation de certains produits carnés.

[4] La consommation de viande bovine et de veau est passée de 13,8 kg/hab en 2005 à 9,9 kg/hab en 2016. q

[5] Depuis 2010, les cheptels ne sont plus estimés par des recensements systématiques mais par le croisement de données administratives (déclarations de superficies, banque de données Sanitel…) avec des enquêtes ciblées. Ces données sont très fiables pour les bovins, suivis individuellement et soumis à déclaration par l'éleveur. Elles le sont moins pour les porcins dont l'effectif est relevé trois fois par an par le vétérinaire lors d'une visite sanitaire.

[6] Les données de cheptels par région agricole ne sont connues que pour les bovins, porcins, poulets et poules.

[7] Unités permettant de comparer les animaux entre eux, initialement du point de vue de leurs besoins alimentaires et, par extension, du point de vue de certaines pressions exercées sur l'environnement (consommation de la ressource "sol" pour la production d'aliments et production de lisier en particulier). Une vache de 600 kg produisant 3 000 kg de lait par an équivaut à 1 UGB, une truie reproductrice de plus de 50 kg équivaut à 0,5 UGB, tandis qu'une poule pondeuse équivaut à 0,014 UGB.

[8] Ces pressions dépendent cependant aussi d'autres facteurs tels que le type d'exploitation (mixte, d'élevage exclusivement, hors sol ou basé sur le pâturage...), les modalités d’exploitation des prairies, le recours plus ou moins important à des aliments achetés, les mesures de gestion des nuisances environnementales éventuellement mises en place... Un accroissement de l’indice de densité du bétail ne se traduit donc pas forcément par des dommages environnementaux.

[9] L'indice de densité du bétail atteint des valeurs très élevées en Flandre, en raison notamment de l'importance de l'élevage hors sol : 6,3 UGB/ha en Flandre occidentale, 6,0 UGB/ha dans la province d'Anvers et 3,7 UGB/ha en Flandre orientale(a).

[10] Ancienne méthode agro-environnementale (MAE) "Maintien d'une faible charge en bétail" q

[11] Le calcul de la densité de bétail dans le cadre de la MAEC n'est pas identique à celui de l'indice de densité de bétail selon Eurostat, le premier ne tenant pas compte des équins.

Cheptels en Wallonie (nombre d’animaux, 2018)

REEW – Source : Statbel (SPF Économie - DG Statistique) (traitements DEMNA)

Principaux cheptels en Wallonie

REEW – Source : Statbel (SPF Économie - DG Statistique) (traitements DEMNA) 

Densité relative des principaux cheptels* selon les régions agricoles de Wallonie (2018)

* Les données de cheptels par région agricole ne sont connues que pour les bovins, porcins, poulets et poules.

** Superficie agricole utilisée

REEW – Source : Statbel (SPF Économie - DG Statistique) (traitements DEMNA)

Cheptels en Wallonie (UGB*, 2018)

* Unité gros bétail

 

REEW – Sources : Statbel (SPF Économie - DG Statistique) ; Eurostat (traitements DEMNA)

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Évaluation

Évaluation non réalisable
  • Pas de référentiel à l'échelle régionale
  • À titre indicatif, à l'échelle de l'exploitation agricole, la méthode agro-environnementale et climatique (MAEC) "Autonomie fourragère" prévoit l'octroi d'une prime conditionnée notamment au respect d'une densité de bétail de 0,6 à 1,4 UGB/ha de superficie sous herbe et/ou dédiée aux cultures fourragères.
  • En 2018, à l'échelle de la Wallonie, l'indice de densité du bétail pâturant s'élevait à 2,0 UGB/ha de cultures fourragères. Il variait selon les régions agricoles entre 1,5 et 2,7 UGB/ha de cultures fourragères. En 2016, la moyenne de cet indice pour l'UE-28 s'élevait à 1,0 UGB/ha de cultures fourragères.
Évaluation non réalisable

L’indice de densité du bétail a baissé de 13 % en Wallonie entre 1998 et 2018. Cette évolution n'est pas directement interprétable en termes d'impact sur l'environnement étant donné l'intervention de multiples facteurs (type d’élevage, modalités d’exploitation des prairies, recours plus ou moins important à des aliments achetés, mesures de gestion des nuisances environnementales éventuellement mises en place...).