Certains polluants atmosphériques comme l’ammoniac (NH3), les oxydes d’azote (NOx) et les oxydes de soufre (SOx) peuvent se transformer en composés acides ou potentiellement acidifiants. Les retombées atmosphériques de substances acidifiantes sont susceptibles de perturber le développement des végétaux, d’altérer la qualité des sols et des eaux de surface et de dégrader le patrimoine architectural.

La Wallonie respecte les objectifs de réduction d’émissions d’ammoniac

En 2023, avec des émissions de NH3 de 24,5 kt, soit 39,2 % des émissions belges de NH3[1], la Wallonie respectait les objectifs de réduction d’émissions définis pour 2020 ainsi que ceux plus ambitieux définis pour 2030 (soit des plafonds d’émissions de respectivement 30,5 kt et 27,0 kt)[2]. Avec 6,6 kg de NH3 émis par habitant, la Wallonie se situait en-dessous de la moyenne européenne (UE-27 : 7,5 kg de NH3 par habitant)[3].

Entre 1990 et 2023, la source d’émissions principale a été l’agriculture avec plus de 90 % des émissions totales (effluents d’élevage, engrais minéraux…). Toutefois, la diminution des émissions de NH3 (- 29 %) s’explique essentiellement par la diminution de la taille du cheptel bovin (en particulier depuis le début des années 2000) q et la réduction des quantités appliquées de fertilisants azotés (cependant assez stables entre 2005 et 2016) q.

Émissions atmosphériques d'ammoniac (NH3) en Wallonie, par secteurs d'activité

Émissions atmosphériques d'ammoniac (NH3) en Wallonie, par secteurs d'activité

Émissions atmosphériques d'ammoniac (NH<sub>3</sub>) en Wallonie, par secteurs d'activité

* Y compris le transport agricole.

** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...

* Y compris le transport agricole.

** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...


Des sources d’émissions diverses pour les oxydes d’azote

En 2023, les émissions de NOx[4] s’élevaient à 45,4 kt éq NO2 en Wallonie, soit 36,8 % des NOx émis en Belgique[5]. Les principales sources de NOx étaient le secteur industriel (31,5 %) (cimenteries, verreries, chimie…), le transport routier (30,7 %) (moteurs thermiques) et l’agriculture (19,6 %) (effluents d’élevage, engrais minéraux, moteurs des engins agricoles et chauffage des bâtiments…). Avec 12,3 kg éq NO2 émis par habitant, la Wallonie se situait au-dessus de la moyenne européenne (UE-27 : 11,2 kg éq NO2 par habitant)[3]. Toutefois, avec des émissions de NOx de 39,4 kt éq NO2 (hors émissions dues à la gestion des effluents d'élevage et des sols agricoles), la Wallonie respectait les objectifs de réduction d’émissions définis pour 2020 ainsi que ceux plus ambitieux définis pour 2030 (soit des plafonds d’émissions de respectivement 68,4 kt éq NO2 et 46,7 kt éq NO2)[2].

Entre 1990 et 2023, les émissions wallonnes de NOx ont diminué de 71 %. Les réductions se sont opérées principalement dans les secteurs de l’énergie (- 92 %), du transport routier (- 78 %) et de l’industrie (- 73 %). Dans le secteur de l'énergie, les émissions ont diminué notamment grâce à la mise en service des centrales électriques TGV (turbine gaz vapeur), la fermeture de centrales électriques alimentées au charbon, la fermeture des cokeries et la mise sur le marché de chaudières plus performantes. Dans le secteur du transport, l’amélioration des performances des moteurs (normes EURO) et la généralisation de l'utilisation de pots catalytiques ont permis une baisse des émissions, bien que l’effet de ces deux dernières mesures ait été atténué entre autres par l’augmentation constante du trafic et l’accroissement du parc de véhicules[6]. Dans le secteur de l'industrie, ce sont surtout la fermeture de certains outils particulièrement polluants (installations sidérurgiques…) et des modifications de procédés (chimie et cimenterie notamment) qui ont joué un rôle. Enfin, d’autres facteurs conjoncturels ont également contribué à la diminution des émissions : la crise économique de 2009, une fréquence accrue d'hivers très doux et la crise sanitaire de la COVID-19 dont les mesures de gestion (confinement, télétravail…) ont entrainé en 2020 une baisse importante des émissions du transport routier (- 20 % par rapport à 2019).

Émissions atmosphériques d'oxydes d'azote (NOx)* en Wallonie, par secteurs d'activité

Émissions atmosphériques d'oxydes d'azote (NOx)* en Wallonie, par secteurs d'activité

Émissions atmosphériques d'oxydes d'azote  (NO<sub>x</sub>)* en Wallonie, par secteurs d'activité

* Le terme NOx regroupe le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2). Afin d’évaluer globalement l’impact des émissions de NO et de NO2, les quantités de NO émises sont converties en kt éq NO2.

** Y compris le transport agricole.

*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...

* Le terme NOx regroupe le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2). Afin d’évaluer globalement l’impact des émissions de NO et de NO2, les quantités de NO émises sont converties en kt éq NO2.

** Y compris le transport agricole.

*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...


Forte diminution des émissions d’oxydes de soufre

En 2023, avec des émissions de SOx[7] de 5,7 kt éq SO2, soit 26,3 % des émissions belges de SOx[8], la Wallonie respectait les objectifs de réduction d’émissions définis pour 2020 ainsi que ceux plus ambitieux définis pour 2030 (soit des plafonds d’émissions de respectivement 24,4 kt éq SO2 et 14,6 kt éq SO2)[2]. Le secteur d’activité qui émettait le plus de SOx était le secteur de l’industrie (87,3%) (cimenteries, verreries…). Avec 1,5 kg éq SO2 émis par habitant, la Wallonie se situait en-dessous de la moyenne européenne (UE-27 : 2,5 kg éq SO2 par habitant)[3].

Entre 1990 et 2023, les émissions wallonnes de SOx ont diminué de 95 % grâce à des réductions marquées dans les secteurs de l’énergie (- 99,5 %), du transport routier (- 99 %), du résidentiel (- 97 %), de l’industrie (- 92 %). Les émissions de SOx ont diminué principalement grâce à l’abaissement de la teneur en soufre du diesel et du fuel lourd, à l’utilisation croissante de gaz naturel en remplacement de combustibles plus émetteurs comme le charbon et à la fermeture des centrales électriques alimentées au charbon. Des systèmes de désulfurisation des fumées de combustion ont également été installés dans les grandes industries des principaux secteurs émetteurs.

Émissions atmosphériques d'oxydes de soufre (SOx)* en Wallonie, par secteurs d'activité

Émissions atmosphériques d'oxydes de soufre (SOx)* en Wallonie, par secteurs d'activité

Émissions atmosphériques d'oxydes de soufre  (SO<sub>x</sub>)* en Wallonie, par secteurs d'activité

* Le terme SOx regroupe le dioxyde de soufre (SO2) et tous les composés soufrés, y compris le trioxyde de soufre (SO3), l'acide sulfurique (H2SO4), et les composés soufrés réduits, tels que l'hydrogène sulfuré (H2S), les mercaptans et le sulfure de diméthyle. Afin d'évaluer globalement l'impact des émissions de tous ces composés, leurs quantités émises sont converties en kt éq SO2.

** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...

*** Y compris le transport agricole.

* Le terme SOx regroupe le dioxyde de soufre (SO2) et tous les composés soufrés, y compris le trioxyde de soufre (SO3), l'acide sulfurique (H2SO4), et les composés soufrés réduits, tels que l'hydrogène sulfuré (H2S), les mercaptans et le sulfure de diméthyle. Afin d'évaluer globalement l'impact des émissions de tous ces composés, leurs quantités émises sont converties en kt éq SO2.

** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...

*** Y compris le transport agricole.


Les mesures wallonnes ne peuvent être relâchées

Ces évolutions positives en termes d’émissions expliquent en partie les résultats obtenus en Wallonie au niveau des concentrations en substances acidifiantes dans l'air ambiant q. Il faut cependant noter qu’étant donné le rôle des polluants acidifiants dans la formation de particules fines (PM2,5) nocives pour la santé humaine q, la réduction de leurs émissions reste un enjeu en Wallonie. Le NH3 et les NOx sont par ailleurs des polluants eutrophisants q dont les émissions doivent à ce titre également être maîtrisées.

Le Plan air climat énergie 2030 de la Wallonie (PACE 2030) q, adopté le 21/03/2023, prévoit plusieurs mesures à mettre en œuvre d'ici 2030. Pour les NOx, elles concernent principalement le transport, les bâtiments et l’énergie. Les mesures envisagées concernent notamment des changements dans les combustibles et carburants utilisés et l’augmentation de la part des véhicules électriques dans le parc automobile. Pour le NH3, les mesures visent le secteur de l’agriculture et portent sur les pratiques culturales et les apports d’intrants (réduction des quantités apportées de fertilisants azotés, enfouissement rapide des effluents d’élevage dans les sols…). Par ailleurs, les mesures visent également la baisse des émissions de NOx, SOx et NH3 du secteur industriel par le renforcement des exigences en matière de permis d’environnement (valeurs limites d’émissions renforcées en tenant compte des meilleures technologies disponibles et élargissement du nombre de secteurs visés).
 


[1] En 2023, les émissions belges de NH3 s’élevaient à 62,6 kt selon le rapport d’inventaire relatif aux émissions atmosphériques de la Belgique(a).

[2] Le protocole de Göteborg amendé q et la directive "NERC" (EU) 2016/2284 q fixent des objectifs relatifs de réduction d’émissions pour chaque État signataire (pourcentage de réduction). Afin de pouvoir se référer à des chiffres concrets, les plafonds d’émissions en termes absolus (kt) pour chaque polluant en ont été déduits pour les trois régions selon leur contribution respective (Accord de coopération du 07/09/2018 q et Accord de coopération du 24/04/2020 q). L’AGW du 11/04/2019 q reprend les plafonds d’émissions et la formule de réajustement annuel de ces plafonds dans le cas où la Région révise ses émissions pour l’année de référence 2005. Il est à noter que pour les engagements relatifs aux émissions de NOₓ, les émissions dues à la gestion des effluents d'élevage et des sols agricoles ne sont pas prises en compte.

[3] Selon les données de population de Statbel et Eurostat et selon les données d’émissions de Eurostat q.

[4] Le terme NOx regroupe le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2). Afin d’évaluer globalement l’impact des émissions de NO et de NO2, les quantités de NO émises sont converties en kt éq NO2.

[5] En 2023, les émissions belges de NOx s’élevaient à 123,3 kt éq NO2 selon le rapport d’inventaire relatif aux émissions atmosphériques de la Belgique(a).

[6] Voir les fiches d'indicateurs "Transport de marchandises" q, "Demande en transport de personnes" q et "Parc de véhicules" q.

[7] Le terme SOx regroupe le dioxyde de soufre (SO2) et tous les composés soufrés, y compris le trioxyde de soufre (SO3), l'acide sulfurique (H2SO4) et les composés soufrés réduits tels que l'hydrogène sulfuré (H2S), les mercaptans et le sulfure de diméthyle. Afin d'évaluer globalement l'impact des émissions de tous ces composés, leurs quantités émises sont converties en kt éq SO2.

[8] En 2023, les émissions belges de SOx s’élevaient à 21,8 kt éq SO2 selon le rapport d’inventaire relatif aux émissions atmosphériques de la Belgique(a).

Évaluation

f7151633-2a88-42a3-b267-3b66bee5483f Etat favorable et tendance à l'amélioration

Favorable
  • Référentiel : directive "NERC" (EU) 2016/2284 q et AGW du 11/04/2019 q
  • En 2023, avec des émissions de NH3, de NOx, et de SOx de respectivement 24,5 kt, 39,4 kt éq NO2 (hors émissions dues à la gestion des effluents d'élevage et des sols agricoles en ce qui concerne les NOx) et 5,7 kt éq SO2, la Wallonie respectait les objectifs de réduction d’émissions définis pour 2020 (soit des plafonds d’émissions de respectivement 30,5 kt, 68,4 kt éq NO2 et 24,4 kt éq SO2) ainsi que ceux plus ambitieux définis pour 2030 (soit des plafonds d’émissions de respectivement 27,0 kt, 46,7 kt éq NO2 et 14,6 kt éq SO2).
En amélioration

Entre 1990 et 2023, les émissions atmosphériques de NH3, de NOx et de SOx ont diminué respectivement de 29 %, 71 % et 95 % en Wallonie.