Les particules en suspension dans l’air et les substances toxiques qu’elles véhiculent peuvent pénétrer plus ou moins profondément selon leur taille dans l'appareil respiratoire et induire des effets nocifs sur la santé. Ces particules sont générées par diverses activités humaines (production industrielle, chauffage domestique, transport…). Leurs émissions dans l’atmosphère doivent être maîtrisées afin de réduire l'exposition de la population.
75 % des émissions de PM10 proviennent du secteur industriel et du secteur résidentiel
En 2023, les émissions wallonnes de TSP dans l’atmosphère, soit l'ensemble des particules en suspension, s’élevaient à 24 090 tonnes. Les émissions de PM10 s’élevaient quant à elles à 13 169 tonnes, dont 54,7 % étaient constitués de PM2,5 (soit 7 202 tonnes) qui sont plus nuisibles pour la santé en raison de leur capacité à atteindre les alvéoles pulmonaires. La part des émissions wallonnes dans les émissions belges était de 42,9 % pour les TSP, 44,5 % pour les PM10 et 41,9 % pour les PM2,5[1].
Les secteurs d’activité qui émettaient le plus de PM10 en Wallonie en 2023 étaient les secteurs de l'industrie (47,2 %) (secteur de la construction, carrières, processus de combustion…), résidentiel (27,5 %) (utilisation de bois de chauffage essentiellement), de l’agriculture (10,8 %) (manipulation de litière et de fourrages, travail du sol, gestion du fumier…) et du transport routier (10,1 %) (usure des freins, des pneus et abrasion des routes, combustion de carburant). Concernant les PM2,5, les secteurs les plus émetteurs étaient les secteurs résidentiel (49,1 %), de l’industrie (27,5 %) et du transport routier (11,0 %).
Avec 3,6 kg de PM10 dont 2,0 kg de PM2,5 émis par habitant en 2023, la Wallonie présentait des niveaux d’émissions inférieurs aux niveaux européens (UE-27 : 4,1 kg de PM10 dont 2,6 kg de PM2,5 par habitant)[2].
Émissions atmosphériques de particules* en Wallonie
* Chaque catégorie de particules englobe les catégories de dimensions inférieures. Les TSP regroupent les particules de diamètre ≤ 100 μm (incluant les PM10 et PM2,5), les PM10 correspondent aux particules de diamètre ≤ 10 μm (incluant les PM2,5), et les PM2,5 désignent les particules dont le diamètre est ≤ 2,5 μm.
* Chaque catégorie de particules englobe les catégories de dimensions inférieures. Les TSP regroupent les particules de diamètre ≤ 100 μm (incluant les PM10 et PM2,5), les PM10 correspondent aux particules de diamètre ≤ 10 μm (incluant les PM2,5), et les PM2,5 désignent les particules dont le diamètre est ≤ 2,5 μm.
Émissions atmosphériques de PM10* en Wallonie, par secteurs d'activité
* Les PM10 correspondent aux particules de diamètre ≤ 10 μm et incluent les PM2,5.
** Y compris le transport agricole.
*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...
* Les PM10 correspondent aux particules de diamètre ≤ 10 μm et incluent les PM2,5.
** Y compris le transport agricole.
*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...
Émissions atmosphériques de PM2,5* en Wallonie, par secteurs d'activité
* Les PM2,5 désignent les particules dont le diamètre est ≤ 2,5 μm.
** Y compris le transport agricole.
*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...
* Les PM2,5 désignent les particules dont le diamètre est ≤ 2,5 μm.
** Y compris le transport agricole.
*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...
Une tendance globalement stable depuis 2014
Les émissions wallonnes de TSP, PM10 et PM2,5 ont respectivement chuté de 54 %, 57 % et 61 % entre 2000 et 2023, avec des diminutions marquées dans les secteurs de l’industrie (fermetures d’entreprises notamment dans les secteurs de la sidérurgie et de la fabrication de produits minéraux non métalliques, systèmes de filtration plus performants notamment dans le cadre des permis d'environnement…), de l’énergie (remplacement des combustibles solides par le gaz naturel et les sources d’énergie renouvelables), du transport routier (établissement de normes EURO de plus en plus strictes pour les nouveaux véhicules), ainsi que dans le secteur résidentiel (amélioration des systèmes de chauffage au bois compensant leur utilisation accrue, utilisation croissante de pellets dont la combustion émet moins de particules que les buches). Les émissions du secteur agricole n'ont presque pas évolué sur la période.
Il faut toutefois noter que la tendance est globalement stable depuis 2014. Ceci s’explique notamment par le fait que le secteur industriel a fortement réduit ses émissions entre 2000 et 2009 (- 72 % pour les PM10 et - 79 % pour les PM2,5) et que sa marge de progression est ensuite devenue réduite. Les fluctuations interannuelles sont essentiellement liées aux conditions météorologiques qui influencent les besoins de chauffage du secteur résidentiel.
Des plafonds d’émissions respectés pour les PM2,5
En 2012, le Protocole de Göteborg amendé q a fixé un objectif de réduction des émissions pour les PM2,5 (- 20 % dès 2020 par rapport à 2005 pour la Belgique). La directive "NERC" (EU) 2016/2284 q a repris cet objectif et a ajouté un objectif de réduction à l'horizon 2030 (- 39 % par rapport à 2005)[3]. Il n’y a pas d’objectifs de réduction pour les PM10. Avec des émissions de PM2,5 de 7 202 tonnes en 2023, la Wallonie respectait les objectifs fixés pour les années 2020 et 2030 (soit des plafonds d’émissions respectivement de 10 608 et 8 227 tonnes).
Les mesures wallonnes ne peuvent être relâchées
Ces évolutions positives en termes d’émissions expliquent en partie les résultats obtenus en Wallonie au niveau des concentrations en particules dans l'air ambiant q. Il faut cependant noter que la réduction des émissions doit être poursuivie et les efforts maintenus. En effet, bien que la Wallonie respecte la plupart des normes européennes de qualité de l’air ambiant en matière de particules q, elle ambitionne de tendre vers les valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) q plus strictes, car les normes actuelles semblent insuffisantes pour protéger la santé(b) (c).
Le Plan air climat énergie 2030 de la Wallonie (PACE 2030) q, adopté le 21/03/2023, définit des mesures à mettre en place ou à renforcer à l’horizon 2030 pour diminuer les émissions. Ces mesures visent en particulier :
- la baisse des émissions de PM du secteur résidentiel : installation de systèmes de chauffage au bois plus performants… ;
- la baisse des émissions de PM et de précurseurs de PM du secteur industriel : renforcement des exigences en matières de permis d’environnement (valeurs limites d’émissions renforcées en tenant compte des meilleures technologies disponibles et élargissement du nombre de secteurs visés) ;
- la baisse des émissions de NH3 (précurseur de PM) du secteur agricole : stockage plus performant des effluents d'élevage, amélioration des méthodes d’épandage (enfouissement et injection), sensibilisation aux bonnes pratiques agricoles en cas de pics de PM printaniers… ;
- la baisse des émissions de PM et de NOx (précurseur de PM) du secteur des transports : régulation du trafic et de sa vitesse, création de "zones apaisées" dans les agglomérations...
Par ailleurs, au niveau du secteur industriel, l’obligation pour les émetteurs potentiels de particules d’élaborer un Plan de réduction des émissions diffuses de particules (PRED) a été systématisée dans les permis d’environnement depuis 2012. En outre, une charte sectorielle visant à réduire les émissions de poussières et de particules des carrières signée en 2016 q a été prolongée en 2021 q.
En matière de gestion des pics de pollution par les particules, un Plan d’actions est en vigueur depuis 2008[4]. Celui-ci prévoit un système d’alerte et des mesures à court terme visant à réduire les émissions, ces mesures étant ajustées en fonction du niveau de pollution[5]. En Wallonie, trois seuils de concentrations en PM10 et/ou PM2,5 ont ainsi été fixés :
- un seuil d’information qui implique des recommandations à la population (limiter ses déplacements en voiture, ne pas utiliser le bois comme source de chauffage…) ;
- un premier seuil d’alerte pour lequel des mesures sont mises en place (limitation de vitesse sur autoroutes et voies rapides, renforcement des contrôles de vitesse, gratuité des transports en commun du TEC, mesures de réductions temporaires des émissions de certaines entreprises, mesures prévues dans les plans d’actions communaux des communes les plus exposées à la pollution telles que diminution de la vitesse des véhicules, diminution de la température dans les bâtiments publics, sensibilisation du citoyen…) ;
- un second seuil d’alerte pour lequel des mesures d’urgence supplémentaires sont prises par différents acteurs (mesures prévues dans les plans d’actions communaux, mesures renforcées dans le secteur industriel…).
[1] Pour plus d’informations sur les émissions belges, consulter le rapport d’inventaire(a) élaboré dans le cadre de la Convention LRTAP (Long range transboundary air pollution) q et de la directive "NERC" (EU) 2016/2284 q.
[2] Ces données sont calculées par la DEE à partir de données de Statbel et Eurostat q.
[3] Le protocole de Göteborg amendé q et la directive "NERC" (EU) 2016/2284 q fixent des objectifs relatifs de réduction pour chaque État signataire (pourcentage de réduction). Les objectifs belges de réduction d’émissions à atteindre aux horizons 2020 et 2030 ont été répartis entre les trois Régions respectivement lors de la Conférence interministérielle de l’environnement (CIE) du 27/04/2012 et lors de la CIE du 04/05/2017. Les accords de répartition sont entérinés dans deux accords de coopération entre les trois Régions et l’Autorité fédérale (Accord du 07/09/2018 q et Accord du 24/04/2020 q). Afin de pouvoir se référer à des chiffres concrets, ces objectifs ont été traduits en un plafond d’émissions belge en termes absolus (kt). Ce plafond belge a ensuite été réparti entre les trois Régions selon leur contribution respective, pour chaque polluant. L’AGW du 11/04/2019 q reprend les plafonds d’émissions pour la Wallonie et la formule de réajustement annuel de ces plafonds d’émissions dans le cas où la Région révise ses émissions pour l’année de référence 2005.
[4] Pour en savoir plus, consulter la page internet dédiée au Plan d’actions en cas de pic de pollution par les poussières fines sur le site de Wallonair q et la fiche d'indicateurs "Particules en suspension dans l'air ambiant" q.
[5] Un protocole d’accord entre les trois Régions du pays et la Cellule Interrégionale de l’Environnement (CELINE) organise la prévention et le suivi des pics de pollution q. L’objectif est d’harmoniser la mise en œuvre des mesures de réduction des émissions en assurant une activation simultanée des différentes phases dans les trois Régions. Pour plus d’informations, consulter la page internet dédiée au Plan d’actions en cas de pic par les poussières fines sur le site de la Cellule Interrégionale de l'Environnement (CELINE) q.
Évaluation
Etat favorable et tendance à l'amélioration
- Référentiel : directive "NERC" (EU) 2016/2284 q et AGW du 11/04/2019 q
- En 2023, les émissions wallonnes de PM2,5 s’élevaient à 7 202 tonnes. Elles respectaient les objectifs définis pour 2020 et 2030 (soit des plafonds d’émissions respectivement de 10 608 et 8 227 tonnes). Il n’y a pas d’objectif de réduction pour les TSP ou les PM10.
Entre 2000 et 2023, les émissions wallonnes de TSP, PM10 et PM2,5 ont respectivement diminué de 54 %, 57 % et 61 %.
Évaluation
