Énergie

 

L’énergie occupe une place prépondérante dans notre société. Que ce soit pour le chauffage, les déplacements, le fonctionnement d’appareils électriques et de machines industrielles ou encore des technologies numériques, tous les acteurs de la société en ont impérativement besoin au quotidien. Or la mise à disposition et la consommation d’énergie génèrent des pressions sur l’environnement, bien qu'à des degrés variables selon les sources d'énergie et les technologies utilisées. Les pressions directement liées à la consommation d’énergie font l’objet d’une attention particulière dans les territoires où elles s’exercent, y compris en Wallonie. Il peut s'agir par exemple des émissions dans l’air lors de processus de combustion (centrales électriques thermiques, moteurs, chaudières…) ou de la génération de déchets hautement radioactifs. Des pressions s’exercent également lors des premières étapes de la chaine d’approvisionnement (extraction, transformation, acheminement). Elles font l’objet de moins d’attention car elles sont réalisées à l’étranger pour la plupart des énergies consommées en Wallonie. Dans un contexte de lutte contre l’ensemble de ces pressions, et plus précisément de développement des énergies renouvelables, de fermeture programmée des centrales nucléaires et de poursuite d’un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, les défis dans le domaine de l’énergie sont nombreux et les leviers politiques qui sont mis en œuvre nécessitent une coordination entre les différents niveaux de pouvoir, les compétences étant partagées entre l'État fédéral et les Régions.
 

Principales sources d’énergie : produits pétroliers, combustible nucléaire et gaz naturel

Les approvisionnements en énergie, c'est-à-dire la quantité totale d’énergie, sous ses différentes formes, importée ou produite sur le territoire wallon, s’élevaient en 2018 à environ 170 TWh[1]. Ils étaient composés des sources d’énergie suivantes : les produits pétroliers (56 TWh), le combustible nucléaire (46 TWh), le gaz naturel (42 TWh), les énergies issues de sources renouvelables (19 TWh), le charbon (5 TWh) et les déchets issus de sources non renouvelables (3 TWh). Ces sources d’énergie sont soit transformées en Wallonie (le combustible nucléaire en électricité p. ex.), soit consommées directement par les utilisateurs finaux (les produits pétroliers dans les transports p. ex.). Les sources d’énergie qui composent les approvisionnements wallons et leurs quantités respectives sont donc à la fois fonction des pratiques (économiques et sociales) et du parc de production et de transformation d’énergie en Wallonie. Les approvisionnements sont en outre révélateurs de notre dépendance actuelle à certaines sources d’énergie : les produits pétroliers, le combustible nucléaire et le gaz naturel.

Pour mesurer l'efficacité énergétique globale d'une région et la comparer avec celle d'autres territoires, on peut calculer un indicateur d’intensité énergétique, qui reflète la quantité d’énergie nécessaire pour créer une unité de richesse. L’intensité énergétique wallonne était évaluée à 148 tep/M€[2] en 2018, une valeur supérieure à celle de la Belgique (126 tep/M€) ou de l’Union européenne (105 tep/M€ pour l’UE-28), traduisant une moindre efficacité énergétique et reflétant la présence encore importante d’industries énergivores sur son territoire.

La Wallonie encore trop dépendante des produits pétroliers

Les produits pétroliers (mazout, essence, diesel…) représentaient près d’un tiers des approvisionnements énergétiques en Wallonie en 2018 (56 TWh). Ils sont exclusivement importés, principalement de Russie, d’Arabie Saoudite et du Nigéria (respectivement 32 %, 15 % et 11 % en 2019, données belges(a)). Les étapes d’extraction, de transport et de raffinage des produits pétroliers n’ont pas lieu en Wallonie. Elles sont sources de pressions environnementales (boues de forages ou pollution sonore liée à la prospection sous-marine p. ex.), qui, dans certains cas, peuvent être consécutives à des accidents de grande ampleur (marées noires notamment). En Wallonie, les pressions principales liées à l’utilisation de ces énergies fossiles sont, d’une part, les émissions de gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques, et, d’autre part, les émissions de polluants atmosphériques : oxydes de soufre, oxydes d’azote, particules, composés organiques volatils, éléments traces métalliques (zinc, chrome…)… Ces émissions résultent de la combustion des produits pétroliers. Depuis les années '90, des améliorations ont été apportées aux technologies utilisées (pots catalytiques pour les voitures, chaudières plus performantes p. ex.) et à la composition des carburants (interdiction de l’essence plombée et désulfuration), ce qui a permis de réduire globalement les émissions wallonnes de substances acidifiantes, de précurseurs d’ozone et d’éléments traces métalliques. Mais la combustion de produits pétroliers reste fortement émettrice de gaz à effet de serre. Or, dans sa Déclaration de politique régionale 2019 - 2024, le Gouvernement wallon vise la neutralité carbone[3] au plus tard en 2050 avec, comme étape intermédiaire en 2030, un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % par rapport à 1990. Une diminution importante de la consommation de produits pétroliers est donc nécessaire. La réduction observée ces 20 dernières années (- 11 % entre 2000 et 2018) cache des disparités sectorielles fortes, en particulier une hausse des consommations dans les transports (+ 12 %), contrebalancée par une réduction très importante dans le secteur de l’industrie (consommation divisée par cinq). Actuellement, la quasi-totalité des produits pétroliers consommés en Wallonie sont destinés à satisfaire des besoins de transport (63 %) et de chauffage dans les bâtiments (34 %). La dépendance actuelle à cette source d’énergie pour certains usages s’explique par ses avantages techniques et économiques (haute densité énergétique, facilité de transport et d’utilisation, prix…) mais aussi historiques. En effet, durant des décennies, la disponibilité abondante et bon marché de produits pétroliers a favorisé le développement d’infrastructures et d'équipements spécifiques (stations-services, véhicules thermiques, chaudières à mazout...).

Vers la fin du nucléaire

Le combustible nucléaire représentait un peu plus d’un quart des approvisionnements wallons en 2018 (46 TWh). En Belgique, c’est l’agence Synatom qui gère les contrats relatifs aux différentes étapes de préparation du combustible avant son arrivée sur le territoire, dont l’extraction des minerais d’uranium, leur transformation et leur enrichissement. Le principal impact environnemental du combustible nucléaire est lié à sa radioactivité, dont les dommages peuvent être considérables. La maitrise de ce risque est donc primordiale. En Belgique, c’est l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) qui est responsable du contrôle des installations nucléaires[4] tandis que l’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF) gère les déchets nucléaires. Cette matière, qui relève du niveau fédéral, est encore aujourd’hui une problématique majeure. Actuellement, la majorité des déchets radioactifs sont conditionnés et stockés à Dessel (Flandre) après traitement. Pour les déchets hautement radioactifs et/ou à durée de vie longue, qui doivent être isolés de l’homme et de l’environnement pour des centaines de milliers d’années, le projet de Plan de gestion à long terme des déchets radioactifs prévoit un stockage géologique sur le territoire belge. Il a été soumis à consultation publique en 2020. Le Gouvernement wallon a émis un avis négatif sur le projet, le jugeant incomplet au vu des incidences probables et non négligeables sur l’environnement et la santé humaine. Mi-2021, aucune décision n’avait encore été prise.

En Wallonie, le combustible nucléaire est exclusivement utilisé afin d’être transformé en électricité au sein des trois réacteurs de la centrale nucléaire de Tihange. Alors qu’elle était relativement stable durant les années '90 et 2000, sa consommation est plus variable depuis le début des années 2010. Le vieillissement des réacteurs, construits dans les années '70 et '80 pour une durée de vie estimée à une quarantaine d’années, va de pair avec l’apparition de problèmes qui ont nécessité leur arrêt à plusieurs reprises. L’année 2018 a été particulièrement concernée de ce point de vue avec l’arrêt d’avril à décembre du réacteur 3 suite à la découverte, lors d’une inspection, d’une dégradation du béton dans les bâtiments annexes au réacteur. Le Gouvernement fédéral a programmé l’arrêt des réacteurs wallons entre 2023 (Tihange 1) et 2025 (Tihange 2 et 3). La loi prévoit néanmoins une possibilité de prolongation en cas de problème inattendu de sécurité d’approvisionnement en électricité. Une décision à ce sujet devait être prise fin 2021.
 

Nuke.jpg (nuclear power plant waterfront)


Gaz naturel : une hausse des consommations à venir

Le gaz naturel, principalement composé de méthane, représentait près d’un quart des approvisionnements wallons en 2018 (42 TWh). Exclusivement importé, il arrive sur le territoire belge majoritairement par des gazoducs en provenance des Pays-Bas (42 % du gaz consommé en Belgique) et de Norvège (37 %)[5]. Comme les produits pétroliers ou le charbon, il s’agit d’une source d’énergie fossile, non renouvelable et dont la combustion émet du CO2, dans une proportion cependant moindre (0,203 tonne équivalent-CO2 par MWh pour le gaz naturel contre 0,268 pour l’essence ou 0,343 pour le charbon). L’utilisation du gaz naturel entraîne également des émissions de gaz à effet de serre plus en amont, lors des différents stades de la chaîne d’approvisionnement, et notamment lors du transport en gazoduc sur de longues distances, à l’origine de fuites de méthane (un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2).

En Wallonie, le gaz naturel est soit utilisé pour produire de l’électricité dans des centrales électriques thermiques (36 % de la consommation de gaz naturel), soit consommé directement par les industries (33 %) ou dans les bâtiments (31 %). L’objectif wallon d’une société neutre en carbone à l’horizon 2050 limite de facto la consommation de gaz naturel à long terme. Cependant, à moyen terme, dans un contexte de fermeture progressive des centrales nucléaires et dans l’attente de l’exploitation à grande échelle des sources d’énergie renouvelables, la construction de nouvelles centrales au gaz est envisagée. Durant une période de transition, elles permettraient d’assurer la continuité dans la production d’électricité. La consommation de gaz naturel, relativement stable depuis les années 2000, devrait donc augmenter ces prochaines années.

Énergies renouvelables : un développement important ces 20 dernières années

Les énergies issues de sources renouvelables ou "énergies renouvelables" représentaient un peu plus de 10 % des approvisionnements en 2018 (19 TWh). Leurs origines sont diverses : rayonnement solaire, vent, mouvements de l’eau, chaleur naturelle du sous-sol, bois et autre biomasse… Leur point commun est d’être disponibles perpétuellement ou de se renouveler à un rythme plus rapide que d’autres énergies. En ce sens, elles offrent une solution de durabilité par rapport aux autres énergies, en particulier fossiles, dont les ressources sont limitées. De plus, leur utilisation est moins risquée et engendre globalement moins de pressions environnementales que les autres sources d’énergie, notamment en matière d’émissions atmosphériques. Ainsi, dans le contexte des changements climatiques, leur développement est une des mesures promues pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. À noter cependant que la combustion de biomasse, et en particulier de bois de chauffage dans les logements, est une source importante de particules fines : 45 % des émissions de PM2,5 étaient attribuées au secteur résidentiel en 2019. Elle est également source d’émissions de CO2, bien que ces dernières ne soient pas prises en compte pour l’atteinte des objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Les méthodologies internationales (Kyoto, Accords de Paris…) considèrent en effet que, sur l’ensemble du cycle, le stockage de carbone lors du renouvellement de la biomasse compense le CO2 émis lors de sa combustion. Par ailleurs, les énergies renouvelables sont principalement produites ou exploitées localement. En 2018, 76 % des approvisionnements étaient d’origine wallonne. Cette spécificité en fait un levier de création de richesse et d’emplois et d’amélioration de l’indépendance énergétique de la Région, mais elle rend également plus visibles certaines pressions et nuisances liées à leur "extraction", une étape qui est réalisée à l’étranger pour les autres sources d’énergie. En particulier, la création de parcs éoliens (ou à l’avenir d’éventuels parcs de panneaux photovoltaïques) pose question en termes d’impact paysager et d’effets sur la faune (p. ex. sur les chauves-souris pour les éoliennes). L’implantation de cultures destinées à alimenter la filière des biocarburants entre quant à elle en compétition avec les cultures dédiées à l’alimentation humaine ou animale.

La production d’énergies renouvelables s’est fortement développée ces deux dernières décennies en Wallonie. L’évolution porte autant sur la quantité (multipliée par 3,8 entre 2000 et 2018) que sur le développement de nouvelles filières, notamment celles du photovoltaïque et de l’éolien, qui étaient encore inexistantes en Wallonie il y a 20 ans. En 2018, les approvisionnements wallons en énergies renouvelables étaient soit directement utilisés par les consommateurs finaux (53 % : ménages, industries…), soit transformés en électricité dans les centrales électriques thermiques[6] (47 %). Toujours en 2018, les énergies renouvelables représentaient 12 % de la consommation finale brute d’énergie. L’objectif wallon, renseigné dans la contribution wallonne au Plan national énergie climat 2021 - 2030, est d’atteindre 23,5 % en 2030. Trois domaines d’utilisation sont concernés, la production de chaleur, la production d’électricité et les transports[7] :

  • la production de chaleur issue de sources renouvelables a actuellement pour origine principale la combustion de biomasse : buches, pellets, déchets de bois dans l’industrie... Pour atteindre l’objectif à l’horizon 2030, toutes les technologies de production de chaleur renouvelable devront être déployées : pompes à chaleur[8], solaire thermique et géothermie profonde ;
  • la production d’électricité issue de sources renouvelables dépendait en 2018 de quatre sources en Wallonie : l’éolien (36 %), le solaire photovoltaïque (23 %), la biomasse (35 %) et, dans une moindre mesure, l’hydroélectricité (6 %). Les estimations à l’horizon 2030 prévoient que 37 % de l’électricité produite en Wallonie seront d’origine renouvelable. Les filières de l’éolien et du photovoltaïque couvriraient alors près de 80 % de la production. Dépendante du vent et du soleil, la production issue de ces sources d’énergie est variable, ce qui aura des impacts sur le marché de l’électricité comme évoqué plus loin ;
  • au niveau des transports, la part du renouvelable est essentiellement le fait du biodiesel et du bioéthanol incorporés systématiquement dans les carburants à la pompe. Le taux d’incorporation des biocarburants dans les carburants est fixé par le Gouvernement fédéral (8,95 % en 2018) et il sera progressivement augmenté pour atteindre 10,45 % en 2030. L'utilisation d’électricité issue de sources renouvelables dans les transports était encore marginale en 2018, mais l’offre des véhicules équipés de moteurs électriques ou hybrides s’est fortement développée depuis.

La consommation de charbon divisée par cinq en 20 ans

Le charbon (y compris lignite et coke) représentait moins de 3 % des approvisionnements wallons en 2018 (5 TWh). Il a longtemps été produit et utilisé en grande quantité en Wallonie, notamment par l’industrie lourde et, jusqu’en 2010, pour produire de l’électricité. Il est à présent importé. Il s’agit de l’énergie fossile émettant le plus de gaz à effet de serre par unité d’énergie lors de sa combustion, ce qui rend son utilisation à grande échelle incompatible avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La consommation wallonne de charbon connaissait déjà une baisse marquée depuis plusieurs dizaines d’années, suite à la fermeture des mines et au déclin des grosses industries énergivores. En 20 ans, les quantités de charbon consommées en Wallonie ont été divisées par cinq. En 2018, son utilisation se limitait presque exclusivement (96 %) à certains secteurs spécifiques de l’industrie (métallurgie notamment).

Les déchets issus de sources non renouvelables, une ressource majoritairement locale

Les déchets issus de sources non renouvelables (fraction non organique des déchets ménagers, sciures imprégnées, déchets textiles…) peuvent être incinérés pour produire de l’énergie. Ils représentaient moins de 2 % des approvisionnements wallons en 2018 (3 TWh). Il s’agit d’une source d’énergie majoritairement locale : 77 % était de provenance wallonne en 2018. Si l’incinération de déchets est, tout comme l’utilisation de combustible nucléaire ou de sources renouvelables, une alternative à l’utilisation de combustibles fossiles, elle n’est pas exempte de pressions, comme les émissions atmosphériques et la génération de cendres. Il faut noter qu’en matière de gestion des déchets, si l’incinération avec récupération d’énergie est préférable à l’incinération sans récupération énergétique ou à la mise en centre d’enfouissement technique, la réutilisation ou le recyclage sont à privilégier car ils permettent de mieux valoriser les ressources.

En 2018, un peu plus de la moitié (54 %) des déchets issus de sources non renouvelables étaient utilisés dans des centrales électriques thermiques et le solde directement au sein des industries. Les spécificités de certains fours industriels, qui peuvent atteindre des températures très importantes, permettent en effet d’incinérer certains déchets toxiques (pneus…) en garantissant une décomposition complète des molécules organiques.
 

La production d’électricité en Wallonie

L’électricité fait partie du quotidien des ménages et des entreprises. Elle est très utilisée dans les bâtiments (éclairage, équipements électriques…) et dans l’industrie (moteurs, fours…), et son utilisation devrait croître dans les transports (véhicules électriques). Il s’agit d’une source d’énergie "secondaire" produite à partir d’une source d’énergie "primaire". Comme évoqué dans les paragraphes qui suivent, en Wallonie, cette transformation s’opère majoritairement dans des centrales électriques thermiques qui utilisent les combustibles ou la chaleur de combustion (ou de réaction nucléaire) pour actionner une machine (turbine ou moteur) qui, couplée à un alternateur, génère de l’électricité. Ce procédé n’est pas dénué de pressions environnementales, qui dépendent à la fois des technologies et des combustibles utilisés. Elle est par ailleurs source de déperdition de chaleur (dite "chaleur fatale"), dont une petite partie peut néanmoins être récupérée dans les installations de cogénération. À côté des centrales électriques thermiques, d’autres installations produisent de l’électricité sans utiliser de combustible et en exploitant des sources d’énergie renouvelables : les éoliennes, les panneaux photovoltaïques et les centrales hydroélectriques. Ces procédés ne génèrent pas de chaleur ni, par conséquent, de chaleur fatale.

La transformation en centrale électrique thermique

Les principaux combustibles utilisés pour la transformation en centrale électrique thermique en Wallonie sont le combustible nucléaire (64 % en 2018), le gaz naturel (21 %), les sources d’énergie renouvelables (13 %, essentiellement de la biomasse sous forme de bois et dérivés) et les déchets issus de sources non renouvelables (2 %). Les pressions environnementales qui découlent de cette transformation dépendent en grande partie des combustibles employés. Si on se focalise sur les principales pressions exercées au niveau local (voir précédemment), le combustible nucléaire nécessite une maitrise du risque et génère des déchets hautement radioactifs tandis que l’utilisation de gaz naturel, de biomasse ou de déchets génère des émissions atmosphériques. Par ailleurs, les centrales électriques thermiques prélèvent et rejettent dans les cours d’eau de grandes quantités d’eau de refroidissement. En 2018, 86 % des volumes prélevés en eaux de surface ont été utilisés pour le refroidissement des centrales électriques thermiques wallonnes. L’eau utilisée est ensuite restituée dans le milieu à une température plus élevée qu’au point de prélèvement. Ces rejets thermiques sont soumis à des normes afin d’éviter qu’ils perturbent les écosystèmes, ce qui pourrait mener à une diminution ou un arrêt de production des centrales électriques en cas de température des cours d'eau trop élevée ou de débits trop faibles. Le risque que cela se produise augmente dans un contexte où les épisodes de sécheresses et de fortes chaleurs deviennent plus sévères et plus fréquents en raison des changements climatiques.

Chaleur fatale et cogénération : récupérer la chaleur pour augmenter le rendement

Les pertes sous forme de chaleur fatale varient en fonction des combustibles et de la technologie utilisée dans les centrales[9]. Le rendement moyen des centrales électriques thermiques wallonnes était évalué à 34 % en 2018 (soit environ 2/3 de pertes). Cela signifie que, en moyenne, pour produire une unité d’énergie électrique "en sortie", il faut trois unités d’énergie (nucléaire, gaz naturel…) "en entrée", le solde étant perdu lors de la transformation. La cogénération valorise une partie de ces déperditions de chaleur en produisant simultanément, dans un seul processus, de la chaleur et de l’électricité (ou de la force motrice). Les quantités de chaleur valorisables dépendent des possibilités d’usage local. En effet, la chaleur ne se transporte pas sans dépenses d’énergie ni déperdition thermique et ne peut donc pas parcourir de grandes distances. Dès lors, la mise en place d’installations de cogénération est surtout le fait d’autoproducteurs, c'est-à-dire d’entreprises qui ont des besoins de chaleur (procédés, chauffage de bâtiment…) à proximité de leur unité de production d’électricité. En 2018, ce sont plus de 6 TWh de chaleur qui ont été produits via ce procédé à partir de 181 installations de cogénération. Le rendement global de ces installations, qui tient compte à la fois de la production de chaleur et d’électricité, était évalué à 72 % pour cette même année. Cela signifie que, en moyenne, pour 10 unités d’énergie "en entrée", 7 unités d’énergie (chaleur ou électrique) sont exploitables "en sortie", le solde étant perdu lors de la transformation. Ainsi, la cogénération réduit globalement la quantité de ressources énergétiques nécessaires (et a fortiori de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques émis) par rapport à des installations produisant séparément une même quantité d’électricité et de chaleur. De plus, encouragée par la politique des certificats verts, la consommation de combustibles issus de sources renouvelables dans les installations de cogénération a fortement augmenté en 20 ans. Ils représentent depuis 2006 plus de la moitié des combustibles employés.

De la production à la consommation d’électricité

La production totale d’électricité en Wallonie s’élevait à 27 TWh en 2018. La plus grande part de cette électricité (89 %) provient de la transformation effectuée en centrale thermique, le reste étant produit sans combustion via les éoliennes (6 %), les panneaux photovoltaïques (4 %), et les centrales hydroélectriques (1 %). L’électricité produite en Wallonie alimente le réseau électrique wallon, lui-même connecté avec les réseaux voisins. Au quotidien, la provenance de l’électricité (wallonne ou pas) consommée en Wallonie dépend des ressources disponibles sur le réseau.

En Wallonie, la consommation finale annuelle d’électricité est assez stable depuis le début des années 2000. Elle est principalement utilisée dans les bâtiments (55 %) et par le secteur de l’industrie (43 %), le solde étant utilisé dans les transports (2 %). La tendance à l’électrification des procédés industriels mais aussi des véhicules aura comme conséquence d’augmenter la consommation d’électricité dans les années à venir. Cela rend l’analyse et le suivi des pressions environnementales liées à l’électricité d’autant plus importants, tant au niveau des sources d’énergie utilisées pour sa production que pour les infrastructures nécessaires à son transport (dont les lignes à haute tension) ou les solutions de stockage. Comme expliqué plus haut, plusieurs changements importants sont attendus dans le secteur de la production d’électricité, dont la fermeture des réacteurs nucléaires (à l’origine d’environ 60 % de l’électricité produite en Wallonie ces dernières années), leur remplacement, en partie et dans un premier temps, par du gaz naturel, et le développement des énergies renouvelables. Ces évolutions impliquent le passage d’une production essentiellement centralisée (grosses centrales électriques thermiques) et stable voire programmable à une production de plus en plus décentralisée (éoliennes, installations photovoltaïques) et variable (car dépendante du vent et de la luminosité). Les défis dans le secteur sont donc nombreux. La question de la flexibilité de la demande par exemple est primordiale. Elle impliquera d’adapter dans une certaine mesure le comportement des consommateurs (ménages, industries...), de renforcer les capacités d’interconnections avec les pays voisins et in fine de développer des solutions de stockage. Actuellement, seuls les sites de pompage-turbinage de Coo et de la Plate-Taille (lacs de l’Eau d’Heure) permettent de stocker l’électricité à grande échelle. D’autres solutions, potentiellement sources de pressions environnementales, devront être envisagées : stockage dans des batteries, par transformation en hydrogène ou en méthane de synthèse…
 

La consommation finale d’énergie

La consommation finale d’énergie correspond à l’énergie consommée au quotidien par les utilisateurs finaux (ménages, entreprises, collectivités…) : carburants pour se déplacer, gaz naturel ou mazout pour se chauffer, électricité pour faire fonctionner des machines ou des équipements électriques... Elle s’élevait à 126 TWh en 2018, un niveau en baisse de 15 % par rapport à 2005. Dans la lignée des objectifs européens d’efficacité énergétique et de baisse des consommations d’énergie, la Wallonie vise une diminution de sa consommation finale de 23 % en 2030 par rapport à son niveau de 2005. Les efforts à réaliser se répartissent entre trois grandes utilisations finales de l’énergie : les bâtiments, les industries et les transports. Outre la maitrise de la consommation, un autre défi majeur réside dans le changement des sources d’énergie à utiliser (développement des énergies renouvelables en remplacement des énergies fossiles) notamment dans le but d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En 2018, 69 % de la consommation finale d’énergie était composée d’énergies fossiles (44 % de produits pétroliers, 21 % de gaz naturel et 4 % de charbon). Ce chiffre ne tient pas compte de l’énergie fossile (gaz naturel en particulier) nécessaire pour produire l’électricité consommée par les wallons.

Les bâtiments : priorité à l’amélioration des performances énergétiques

Les bâtiments regroupent les logements des ménages et les infrastructures du secteur tertiaire (bureaux, commerces, hôpitaux…)[10]. En 2018, leur consommation énergétique s’élevait à 49 TWh (39 % de la consommation finale), un niveau en légère baisse par rapport à 2005 (- 2 %). Les principales mesures concernant la maitrise de la demande en énergie portent sur l’amélioration du bâti grâce à la rénovation énergétique des bâtiments anciens et au renforcement progressif des normes de performance énergétique des bâtiments (PEB) pour les bâtiments neufs. Un autre levier majeur concerne les changements de comportements. En effet, nos modes de fonctionnement, liés à nos activités domestiques et professionnelles, sont en lien direct avec les consommations d’énergie. Selon le type de comportement, l’intensité énergétique d’un service peut être très différente, par exemple un même trajet peut nécessiter plus ou moins d’énergie en fonction du mode de transport utilisé. De plus, certains investissements peuvent donner lieu à des effets contraires. Par exemple, dans le cas de travaux de rénovation, des effets rebonds peuvent être observés : le logement étant rénové, les ménages peuvent avoir tendance à revoir à la hausse leur niveau de confort thermique puisqu’il leur coûte moins cher.

Au niveau du mix énergétique, le choix est souvent contraint par la disponibilité de la ressource. En 2018, les combustibles fossiles (essentiellement le mazout et le gaz naturel) représentaient 67 % de la consommation d’énergie dans les bâtiments. Dans des zones densément peuplées, le bâti est plus souvent connecté au réseau de gaz naturel et des solutions mutualisées peuvent se développer, comme les réseaux de chaleur. Dans les zones rurales, le choix s’est longtemps porté vers le mazout et le bois comme chauffage d’appoint. Depuis plusieurs années, de nouvelles technologies basées sur les énergies renouvelables se sont développées en matière de chauffage (chaudières à pellets, panneaux solaires thermiques, pompes à chaleur...). Ces dernières représentaient 7 % du mix énergétique en 2018.

Industries : des consommations en baisse

Les industries ont consommé 40 TWh en 2018[11] (32 % de la consommation finale d’énergie). Ce secteur a connu une baisse importante de ses consommations d’énergie par rapport à son niveau de 2005 (- 36 %). Cette évolution résulte, d’une part, du déclin de filières énergivores (dont la sidérurgie) et, d’autre part, d’une amélioration de l’efficacité énergétique des procédés industriels. Le mix énergétique a lui aussi considérablement évolué et était, en 2018, principalement composé de gaz naturel (34 % de la consommation finale) et d'électricité (25 %), alors qu’en 2000 encore, les combustibles solides (coke, charbon et lignite) étaient la source d’énergie la plus utilisée dans l’industrie. Ces tendances positives devraient se poursuivre avec les nouveaux objectifs définis dans le cadre du marché du carbone européen[12], qui rassemble les industries et installations qui émettent le plus de CO2, ainsi que par la mise en œuvre du Plan air climat énergie à l'horizon 2030, actuellement en cours d’élaboration, qui promouvra la production de chaleur à partir de sources d’énergie renouvelables (solaire thermique, pompe à chaleur, biomasse), le recours plus fréquent à l’électricité (dont, pour rappel, l’impact sur le climat et l’environnement dépend des sources d’énergie employées pour sa production) et la poursuite de l’amélioration de l’efficacité énergétique. Plusieurs outils sont prévus dont une nouvelle génération d’accords de branche à partir de 2023 (partenariats volontaires conclus entre la Wallonie et différentes fédérations du secteur industriel en vue de meilleures performances énergétiques et d'une baisse des émissions de CO2).

Les transports : une consommation à la hausse et basée sur les produits pétroliers

Les transports concernent différents modes (routier, ferroviaire, aérien et fluvial) et catégories d’utilisateurs : transport de personnes (pour le travail, les loisirs…) et transport de marchandises (de matières premières, de biens de consommation…). La consommation finale d’énergie des transports s’élevait à 37 TWh en 2018 (soit 29 % de la consommation finale), un niveau en augmentation de 3 % par rapport à 2005. Bien que sa part dans la consommation finale d’énergie soit inférieure à celle des bâtiments ou de l’industrie, elle était en hausse constante sur la période 1990 - 2018. Les transports représentaient 20 % de la consommation finale en 1990, 25 % en 2005 et 29 % en 2018. La hausse de la consommation d’énergie des transports s’explique notamment par des besoins en déplacement toujours plus importants. De plus, les transports sont encore largement dépendants des produits pétroliers, qui représentaient 94 % de la consommation finale des transports en 2018. Ce chiffre s’explique en grande partie par l’importance du transport routier, favorisé en Wallonie par la densité des infrastructures routières. Les défis dans ce secteur sont donc de taille et des changements de grande ampleur seront nécessaires afin notamment de répondre aux objectifs énergétiques et climatiques à l’horizon 2030. C’est dans ce contexte que des objectifs et des mesures ambitieux ont été définis pour les transports à cette échéance. Ils sont actuellement retranscrits dans la Vision FAST et la Stratégie régionale de mobilité qui l’opérationnalise. Différentes mesures sont prévues, la principale étant le transfert modal du transport routier vers des modes de transport moins dommageables pour l’environnement (marche, vélo, transport collectif et voitures partagées p. ex. pour le transport de personnes ; transports fluvial et ferroviaire pour le transport de marchandises). D’autres mesures visent à maitriser la demande, via l’aménagement du territoire notamment (p. ex. choix d’implantation des équipements publics et des logements dans ou à proximité des noyaux d’habitation existants), ou à améliorer les performances environnementales des véhicules, par exemple en modulant les taxes en fonction de l’efficience climatique et environnementale des véhicules et de leur masse ou encore en favorisant le développement et l’utilisation de certaines technologies (hybride, électrique, à hydrogène).
 

Auto.jpg (Aufladen eines Elektroautos)


La transition énergétique, thème majeur des politiques à venir

Les compétences en matière d’énergie sont partagées entre les niveaux fédéral et régional, avec l’existence d’un mécanisme de concertation. Même si des décisions primordiales relèvent de l’État fédéral (énergie nucléaire, accises, engagements climatiques internationaux…), la Wallonie dispose de leviers politiques propres, dont le développement de la filière renouvelable et l’utilisation rationnelle de l’énergie (via le soutien et la promotion des économies d’énergie p. ex.). C’est dans ce contexte institutionnel qu’a été élaboré en 2019 le Plan national énergie climat 2021 - 2030, en réponse à une obligation européenne[13]. Il reprend à la fois des objectifs et des ambitions dont certains ont déjà été évoqués : transition vers l’utilisation de sources d’énergie moins émettrices de gaz à effet de serre, fermeture des réacteurs nucléaires vieillissants, améliorations technologiques, promotion des comportements plus économes en énergie… L’énergie et le climat occupent également une place importante dans le Pacte vert pour l’Europe (European Green deal) et dans le Plan de relance de la Wallonie. Ce dernier inclut des mesures et des budgets concernant le développement d’une filière wallonne "hydrogène", la rénovation énergétique des bâtiments publics et privés, la promotion des énergies renouvelables et la décarbonation des sources d’énergie utilisées dans les transports. Au-delà de l’environnement et du climat, la question de la transition énergétique concerne aussi d’autres aspects tels que la précarité énergétique, la compétitivité des entreprises, la recherche ou encore l’indépendance vis-à-vis des pays exportateurs de ressources énergétiques. Les défis en matière d’énergie dans les décennies à venir seront donc nombreux et impliqueront des engagements importants et des changements concrets d’ordre technologique, mais aussi comportemental, sur l’ensemble de la chaine d’approvisionnement et pour l’ensemble des acteurs, des producteurs aux consommateurs.

 


[1] Les données relatives à la production, la transformation et la consommation d’énergie en Wallonie sont issues des bilans énergétiques. Ces ressources sont publiées sur le portail énergie du Service public de Wallonie (http://www.energie.wallonie.be).

[2]  La donnée présentée ici est l’intensité énergétique brute, c'est-à-dire le ratio entre la consommation intérieure brute d’énergie et le produit intérieur brut en volume (en euros constants, année de référence 2015). Elle est exprimée en tonne équivalent pétrole par million d’euros.

[3]  La neutralité carbone implique une baisse radicale des émissions anthropiques de gaz à effet de serre et la compensation des émissions résiduelles par des absorptions notamment en développant des solutions de stockage.

[4]  Outre la centrale nucléaire de Tihange, la Wallonie compte de nombreux autres sites où sont utilisés des substances radioactives ou des appareils capables d’émettre des rayonnements ionisants (hôpitaux, centres de recherche, industries…).

[5]  Les données renseignent le dernier pays de provenance avant l’entrée sur le territoire belge⁽ᵃ⁾. Le gaz en provenance de Norvège est entièrement produit en Norvège. En revanche, le gaz importé des Pays-Bas contient du gaz provenant d’autres pays.

[6]  Y compris la centrale électrique thermique des Awirs (Flémalle), arrêtée en septembre 2020, qui fonctionnait à partir de biomasse et dont le soutien public (via le système des certificats verts) a pris fin à la même date.

[7]  À noter que cet objectif peut être atteint en augmentant les énergies renouvelables mais également en diminuant la consommation finale brute d’énergie.

[8]  La chaleur récupérée par les pompes à chaleur dans l’air ambiant (ou le sol ou l’eau) est indirectement issue des rayonnements solaires et est, à ce titre, considérée comme une source d’énergie renouvelable, même si cette technologie nécessite de l’électricité pour assurer son fonctionnement.

[9]  À titre d’exemple, le rendement est de 34 % pour les centrales nucléaires et de 53 % pour les centrales à turbine gaz-vapeur, qui combinent turbine à gaz et turbine vapeur pour obtenir de meilleurs rendements.

[10]  Les données de cette catégorie incluent également le secteur de l’agriculture, dont la consommation d’énergie est cependant très faible par rapport aux logements et au secteur tertiaire (moins de 3 % du total de la consommation des "bâtiments").

[11]  Cette donnée, comme les autres présentées dans ce document, ne prend en compte que l’énergie utilisée à des fins énergétiques. Une particularité de l’industrie est d’utiliser de l’énergie pour des usages "non énergétiques", comme matière première dans ses procédés (4 TWh en 2018) : produits pétroliers pour le bitume ou gaz naturel pour les engrais azotés.

[12]  Ce système garantit une baisse des émissions cumulées des entreprises concernées en fixant au niveau européen un plafond d’émissions global qui diminue progressivement au cours du temps. Des quotas d’émissions sont alloués aux entreprises, qui peuvent se les échanger contre rémunération en fonction de leur capacité à réduire leurs émissions mais sans modifier le plafond global fixé.

[13]  Le Plan national énergie climat 2021 - 2030 (et les contributions régionales qui le composent) traite des thématiques énergétiques et climatiques (décarbonation, efficacité énergétique, marché de l’énergie, recherche, innovation et compétitivité). Le Plan air climat énergie à l'horizon 2030, évoqué précédemment, découle d’un décret wallon. En plus des thématiques "énergie" et "climat", dont les objectifs et mesures sont cohérents avec le Plan national énergie climat, il traite de la composante "air" (réduction des émissions de polluants atmosphériques essentiellement) vu les nombreuses interactions entre ces trois matières (secteurs sources et leviers d’actions similaires notamment).

 

Références

(a) SPF Économie, P.M.E., Classes moyennes et Énergie, 2021. ENERGY Key Data, Édition février 2021. SPF Économie, P.M.E., Classes moyennes et Énergie : Bruxelles, Belgique. En ligne.  q

Sources

IWEPS ; SPW - AwAC ; SPW Énergie - DEBD (dont les bilans énergétiques) ; SPW Environnement - DEE ; Statbel (SPF Économie - DG Statistique)
 

Remerciements

Nathalie ARNOULD (SPW Énergie - DEBD) ; Michel HUART (ULB - IGEAT) ; Julien JUPRELLE (IWEPS) ; Hugues NOLLEVAUX (SPW Énergie - DEBD)