Données phytosanitaires et phénologiques de l'Observatoire wallon de la santé des forêts

Dernière mise à jour  :  10 janvier 2018

Depuis le début des années ‘80, des phénomènes de dépérissement sont observés dans les forêts européennes, particulièrement en Europe centrale. L’Observatoire wallon de la santé des forêts (OWSF) participe au suivi de l’évolution des risques biotiques et abiotiques et des problèmes sanitaires en forêts, et a mis en place différents dispositifs pour la collecte de données phytosanitaires et phénologiques.

Suivi de l’état sanitaire des houppiers

Depuis 1985, le programme de surveillance ICP Forests[1] fournit un bilan des effets de la pollution de l’air sur les forêts européennes basé notamment sur les paramètres de défoliation (perte en feuilles et aiguilles) et de décoloration (altération de la couleur des feuilles et aiguilles). La Wallonie y participe depuis 1989 via un inventaire phytosanitaire annuel[2]. Depuis 2010, un suivi parallèle est réalisé par l’OWSF[3] en collaboration avec l’UCL sur 45 placettes sélectionnées parmi celles de l’Inventaire permanent des ressources forestières de Wallonie (IPRFW)[4]. Le pourcentage de résineux inventoriés défoliés à plus de 25 % a montré une faible mais constante diminution jusqu’à 68 % en 2015. Pour les feuillus, la diminution était plus importante et ce pourcentage était de 37 % en 2015. Le pourcentage moyen de défoliation a montré une relative stabilité autour de 40 % pour l’épicéa et le hêtre entre 2010 et 2015. Ce pourcentage a par contre baissé pour les chênes sessile et pédonculé jusqu’à respectivement 18 % et 29 % en 2015.

Surveillance des pathogènes et maladies

À travers différents réseaux de surveillance, l’OWSF suit le développement de pathogènes tels que l’ips typographe (scolyte) et de maladies telles que la chalarose du frêne, et surveille également l’émergence de nouveaux ravageurs comme la processionnaire du chêne et le nématode du pin, dont les longicornes du genre Monochamus sont les vecteurs.

Suivi de la phénologie

L’OWSF a également mis au point un réseau de suivi de la phénologie[5] pour les principales essences sur 20 placettes de l’IPRFW. Les phénomènes de débourrement[6] et de sénescence[7] y sont observés de manière hebdomadaire. Diverses études ont montré des phénomènes de glissement phénologique ces dernières années dans les forêts d’Europe de l’ouest et centrale(a) qui peuvent être mis en relation avec les modifications du climat. Les données récoltées en Wallonie ne permettent pas encore d’établir une tendance mais apportent des indications sur les variations interannuelles. Le débourrement semble p. ex. avoir été précoce pour la majorité des essences en 2014, en concordance avec une avant-saison[8] particulièrement chaude. À l’inverse, l’avant-saison froide de 2013 avait entraîné pour toutes les essences un débourrement tardif. En 2015, le début du débourrement se situait pour toutes les essences dans des valeurs intermédiaires, ce qui était en adéquation avec les températures normales d’avant-saison cette année-là. Les fluctuations de longueurs de période de végétation sont beaucoup plus difficiles à interpréter car les phénomènes automnaux (jaunissement et chute des feuilles) sont influencés par d’autres facteurs et évènements ponctuels[9].

 


[1] http://icp-forests.net

[2] Ce réseau est cependant en extinction car de plus en plus de placettes (unités d’échantillonnage) et d’arbres ont été exploités q.

[3] SPW - DGO3 – DEMNA : http://environnement.wallonie.be/sante-foret

[4] Ceci permet une mise en perspective avec les données récoltées dans le cadre de l’IPRFW. Les observations sont complétées par des analyses pédologiques et des recherches plus spécifiques.

[5] Étude des phénomènes périodiques dans le monde vivant en relation avec les variations saisonnières du climat

[6] Développement des bourgeons marquant la fin de la période de dormance hivernale

[7] Processus débutant par l’apparition de la coloration automnale et aboutissant à la chute des feuilles. La période de végétation s’étend du début de la période de débourrement à la fin de la période de sénescence.

[8] Premier quadrimestre

[9] Vents, maladies foliaires…

Défoliation des peuplements forestiers en Wallonie (réseau de l’Inventaire permanent des ressources forestières de Wallonie)

* Nombre de placettes observées en 2015 : 45


REEW – Sources : SPW – DGO3 – DEMNA (OWSF) ; UCL – ELIM 

Dates moyennes de début de débourrement* et de fin de sénescence** pour les principales essences forestières en Wallonie

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* 10 % des arbres inventoriés présentant un débourrement de 20 %

** 90 % des arbres inventoriés présentant une sénescence de 20 %


REEW– Source : SPW - DGO3 - DEMNA (OWSF)

Pas d'évaluation

Pas d'évaluation

Cet indicateur ne fait pas l'objet d'une évaluation car il s’agit soit d’un indicateur de contexte, soit d’un indicateur à portée limitée dans le temps (études ponctuelles) ou dans l’espace (échelle sub-régionale).